Contact! 9.2 Printemps 1996 / Spring 1996
 
International
L'électroacoustique en Norvège - Un site en construction
par Jøran Rudi
International
Electroacoustics in Norway - This Site Under Construction
by Jøran Rudi

Prise de contact

Depuis cinq ans, la musique norvégienne se fait entendre un peu plus à travers le monde. Des efforts ont été faits afin de concevoir un système éducatif complet pour les musiciens et les compositeurs et ces efforts combinés au financement d'oeuvres nouvelles et de festivals à travers le pays (aussi grand et peu peuplé soit-il) ont eu pour effet de créer un milieu musical solide et très actif. Il y a bien sûr, en Norvège comme ailleurs, une tendance au conservatisme en matière de programmation d'événements musicaux. Les présentations musicales financées par des fonds publics mettent le plus souvent au programme les figures de proue de la musique norvégienne "officielle". Il semble y avoir toutefois un intérêt suffisant pour la musique contemporaine, suffisant en tout cas pour garder le milieu actif et lui permettre de se développer.

Dans cette société sociale-démocrate où les demandes de subventions sont sans cesse plus nombreuses, l'électroacoustique semble pourtant avoir été ignorée. Dans les collèges de région et les conservatoires de musique, seuls des cours d'initiation sont offerts dans les programmes dont la composante majeure se veut être presque sans exception une approche plus "efficace" de la musique tonale. Il y a peu d'intérêt pour l'enseignement des techniques de composition en électroacoustique et lorsqu'il y en a un, il s'agit souvent de présenter les avantages de la technologie en rapport avec la musique instrumentale. Les raisons de cette situation sont nombreuses et les compositeurs incorporant des éléments électroacoustiques dans leur musique ont du longtemps travailler dans des studios individuels à domicile car, jusqu'en 1993-94, il n'y avait en Norvège aucun aménagement pour la production professionnelle (à l'exception du centre pour les arts Henie-Onstad dans les années 70 et au début des années 80). Les associations norvégiennes pour la musique contemporaine n'ont donc pu sondé les nouvelles possibilités sonores offertes par les instruments non traditionnels. Les évaluations et catégorisations quelque peu aléatoires des oeuvres électroacoustiques par les sociétés de droit d'auteur norvégiennes étaient de toutes façons décourageantes. Il n'y avait pas de terrain propice à la recherche et au développement du matériel et des logiciels informatiques ni de forum professionnel qui aurait permis aux artistes de se consulter et de discuter de leurs idées bizarres mais parfois merveilleuses.

La section norvégienne de la Confédération internationale de la musique électroacoustique (NICEM, International Confederation of Electroacoustic Music) a fait beaucoup pour la diffusion et la connaissance du grand public de ce genre musical. Pendant de nombreuses années, elle a d'ailleurs été la seule organisation se consacrant au rayonnement de l'électroacoustique et qui offrait un forum de discussion sur le domaine. Grâce à elle, l'idée de créer et fournir un lieu de production professionnelle faisait son chemin. En même temps, à l'université d'Oslo, au Conseil des arts norvégien ou dans les bureaux de la Société des compositeurs norvégiens, on travaillait en sourdine à trouver des modes de financement pour assurer un peu de stabilité à l'électroacoustique. Ce n'est qu'en juillet 1993 que furent associées d'une part l'idée de fournir un système de ressources national (essentiellement un réseau d'institutions scolaires) et d'autre part l'idée de créer un studio d'électroacoustique professionnel. La mise en pratique des ses idées a donné naissance (et a été confiée) au Réseau norvégien pour la technologie, l'acoustique et la musique (NoTAM, Norwegian network for Technology, Acoustics and Music).

(Pour plus d'information sur le NoTAM, on pourra consulter son site à l'adresse suivante: http://www.notam.uio.no, ou pour une version abrégée (celle de la communication que j'ai présentée à Banff à l'occasion du ICMC 1995: http://www.notam.uio.no/~jorandu/studio/report/html.)

Plusieurs compositeurs norvégiens ont déjà produit des oeuvres électroacoustiques dignes d'intérêt. Kåre Kolberg, Bjørn Fongaard, Arne Nordheim, Gunnar Sønstevold, Sigurd Berge pour ne citer que quelques uns, sont au nombre des pionniers de l'électroacoustique. Ces compositeurs ont souvent travaillé à l'étranger, en Pologne, en Allemagne, en Suède et en Suisse entre autres. Knut Wiggen, le premier directeur du Studio de musique électronique (EMS) de Suède était norvégien, ce qui montre d'ailleurs bien le manque d'intérêt et de fonds alloués à l'électroacoustique ou à la recherche dans le domaine en Norvége à l'époque. Wiggen a réalisé toute sa production en Suède. On le connaît peut-être mieux encore pour son programme informatique intitulé "Music Box", un outil de structuration des objets musicaux plutôt que de manipulation du timbre. John Persen, Tor Halmrast, Kjell Samkopf, Nicolay Apollyon, Rolf Wallin, Cecilie Ore et Peer Landa se sont également faits connaître depuis le milieu des années 70 auprès de publics internationaux pour leur production électroacoustique. La plupart de leurs oeuvres sont toutefois des pièces du "domaine" instrumentale et non purement électroacoustique. Quelques unes ont remporté des prix dans des compétitions internationales ou ont été programmées dans divers pays. La nouvelle génération de compositeurs est plus difficile à identifier mais on peut probablement citer sans se tromper les noms de Arne Hellan, Anders Vinjar, Bjarne Kvinnsland, Ida Heidel, Ragnhild Berstad et Asbjørn Flø. Il y a aussi des jeunes compositeurs qui sont actifs dans un genre un peu plus commercial, ce qui laisse à penser que des compositions et des projets intéressants fusionnant les styles pourraient bientôt voir le jour.

Début de communication

Le milieu musical norvégien est plein de vigueur: les interprètes font montre d'un enthousiasme renouvelé, les compositeurs font parler d'eux et se font remarquer au niveau international et les organisateurs de concerts semblent avoir une meilleure connaissance du répertoire international. Nous nous référons ici bien sûr au succès de la musique instrumentale. Qu'en est -il de la musique électroacoustique?

Il n'est pas difficile d'expliquer pourquoi l'activité électroacoustique aujourd'hui en Norvège est concentrée autour du NoTAM. Premièrement, la musique électroacoustique a été totalement négligée dans les dernières décennies, et deuxièmement, il s'agit d'une organisation créée tout récemment. Le NoTAM est un réseau qui devrait se développer avec le temps. Son succès qui devrait se matérialiser lentement, dépend de l'initiative et de la volonté locales. Cette caractéristique de lenteur dans le développement d'un réseau n'est pas une faiblesse du système mais bien un aspect aussi intéressant que nécessaire. Pour un pays avec une si petite densité de population et où l'idée de chances égales est un corollaire de la social-démocratie, il serait effectivement impensable de développer un nouveau domaine culturel et éducatif sans impliquer tout le pays dans la planification des ressources humaines et financières.

Le futur de l'électroacoustique en Norvège dépend de quatre facteurs: composition, recherche, développement, éducation et médiation. Cela paraît évident: comment pourrait-on définir la tâche autrement? Cependant, si l'on se rappelle qu'il s'agit d'un domaine de peu de tradition en Norvège, la tâche à accomplir devient un réel défi. Les oeuvres musicales doivent être créées mais leur environnement de soutien reste à être bâti et cela n'est possible que lorsque une génération de compositeurs considèrent que la forme artistique est assez intéressante pour qu'ils y investissent (une partie) de leurs moyens de subsistance. Ces compositeurs sont en général peu nombreux jusqu'à ce que le genre musical attire suffisamment l'attention d'un public pour être diffusé. Paradoxalement, le public ne s'intéresse à un genre musical nouveau que si la forme artistique est assez avancée. Ce qui à son tour motivera de jeunes étudiants qui deviendront les compositeurs d'une nouvelle génération. La situation est complexe, d'autant plus complexe qu'il ne s'agit pas moins de l'installation d'une tradition- ou plus modestement des fondations d'une nouvelle tradition. La situation de la Norvège est unique: contrairement à la plupart des pays occidentaux, il n'y a ni tradition de musique électroacoustique ni système éducatif pour la transmettre.

Transmission de données

Bien sûr, nous croyons qu'une forme musicale utilisant la technologie a quelque chose à offrir qui lui est unique: la juxtaposition de timbres naturels et synthétiques dans un environnement libre de tout concept de temps, de lieu ou d'acoustique. Cette définition toutefois ne fait aucune place à l'esthétique et nous refusons de laisser les critères académiques déterminer l'accès aux ressources. Nous avons maintenant un programme de formation qui offre des cours sur les divers programmes informatiques ainsi que des cours théoriques de traitement du signal, d'acoustique, de mathématiques et de physique. En ce qui concerne l'informatique musicale en tant que telle, nous pensons qu'il s'agit d'un art multidisciplinaire, c'est pourquoi le NoTAM en collaboration avec l'Institut de musicologie de l'université d'Oslo et l'Académie de musique s'efforce de définir son "contour" en invitant des conférenciers de disciplines aussi différentes que la physique, les sciences cognitives, la philosophie, la sociologie, la musicologie et la composition. Finalement, grâce à son rayonnement international, le NoTAM a pu mettre en place un programme pour compositeurs en résidence et collabore à la création d'un programme de maîtrise en musique électroacoustique qui sera bientôt offert à l'université d'Oslo.

Nous mettons également au point des cours sur Internet qui seront bientôt offerts dans toute la Scandinavie et étudions la possibilité de créer un diplôme en électroacoustique qui serait reconnu dans toute la Scandinavie. Étudiants et professeurs n'ont plus besoin d'être dans la même salle de classe! Ou dans le même pays. Le lieu physique dans ce contexte importe peu.

Le NoTAM reconnaît le besoin de promouvoir l'usage de la technologie. Cette reconnaissance encourage l'émergence de nouvelles formes d'expression. L'avancement de la musique actuelle n'est en effet possible que si l'on adopte une nouvelle attitude vis à vis de la technologie. Et il est tout aussi important de participer au développement de la technologie pour éviter de se comporter comme de simples consommateurs. La nouvelle technologie change si vite que nous avons même pas le temps de la digérer. Il vaut donc mieux savoir ce qu'on nous met dans la bouche! Dans cette démarche, les artistes sont des "joueurs" particulièrement importants car leurs "jeux musicaux" ont des répercussions sur nous tous. Ce jeu peut bousculer les idées reçues (par exemple quelles sont les formes d'art majeures/mineures?) et nous interpelle sur notre propre évaluation des oeuvres artistiques (à ce sujet il serait peut-être intéressant de s'inspirer des discussions qui ont cours dans le domaine de l'art visuel). Je n'irais pas jusqu'à dire que ce processus est nécessaire à tous les milieux et partout sur la planète mais en tout cas c'est une démarche qui s'est avérée très utile pour la construction de notre environnement musical en Norvège. Le NoTAM s'intéresse aux autres disciplines et puisque il est possible d'avoir maintenant des liens numériques avec les arts visuels, nous encourageons donc les artistes de performance et les artistes en art visuel à utiliser les ressources disponibles dans notre réseau. Nous fournissons également de l'aide à la mise en place de telles ressources dans d'autres pays.

En ce qui concerne le réseau W3, nous nous efforçons également de promouvoir l'usage de la technologie en offrant par exemple aux musiciens norvégiens un accès gratuit à l'Internet. Nous avons également mis en place un certain nombre d'outils à l'usage des producteurs, des musiciens et des compositeurs. Nous avons créé une banque de données de toutes les oeuvres de musique électroacoustique norvégiennes et une autre de toute la musique norvégienne publiée, comprenant un répertoire et des bibliographies des publications sur la musique populaire. Nous travaillons présentement à un projet de distribution de musique dans le réseau, le projet pilote consistant en un magasin de disques virtuel contenant toute les oeuvres musicales dont l'enregistrement a été subventionné. Des projets d'art-web sont prévus pour début 1996 et notre page web accueille quelque 9000 visiteurs par semaine grâce au travail remarquable de notre responsable Hans-Christian Holm. Le NoTAM veut occuper une place stratégique au coeur de ce que nous considérons être un futur centre d'activité musicale important.

Comme je l'ai déjà mentionné, nous nous intéressons au développement de la technologie. Il n'y a aucune raison de croire que l'industrie informatique développe de nouveaux produits uniquement dans le but de stimuler la créativité. C'est ce que nous avions à l'esprit lorsque nous avons décidé de développer du matériel et des logiciels pour compositeurs et chercheurs. Notre programmeur Øyvind Hammer a réalisé des programmes à l'attention des compositeurs qui sont maintenant utilisés dans le monde entier, certains mêmes devraient être distribués par la compagnie Silicon Graphics comme logiciels gratuits.

Nous travaillons également auprès de jeunes enfants. Avec un programme de composition intitulé "Briser la barrière du son", nous voulons susciter un intérêt pour la musique électroacoustique. L'année prochaine, ce programme sera offert dans la principale salle de spectacles d'Oslo (Konserthuset) avec un orchestre de haut-parleurs GRM. Les enfants pourront ainsi entendre des sons réels en situation de concert (ce que nous, les adultes, nous faisons pour nous amuser!). C'est avec le même type d'approche que nous avons aussi réalisé un CD-ROM qui sera utilisé dans les écoles secondaires et les collèges.

Fin de la transmission

D'aucuns pourraient dire que le NoTAM a tenté de transformer une lacune de la Norvège (pas d'histoire et de tradition électroacoustique dans un pays éloigné) en une force. Nous nous sommes efforcés de créer un environnement dans lequel les idées et l'effort priment sur les compétences officielles. Pour pallier les désavantages de notre situation géographique et insuffler de la vitalité dans le domaine, le NoTAM s'est infiltré dans les domaines de médiation les plus traditionnels et a entrepris de bâtir un programme d'éducation dans une perspective internationale grâce à l'Internet.

Le milieu de l'électroacoustique norvégien résonne maintenant avec un enthousiasme (et une naïveté?) qui lui permet d'avoir un regard neuf sur les idées établies. Puisse cette situation favoriser la création d'oeuvres nouvelles transcendant les barrières de la tradition. Si le manque de tradition de la Norvège en musique électroacoustique et le manque d'intérêt pour ce domaine peuvent être considérés comme problématiques, il peuvent aussi être vus comme des avantages: ils permettent en effet une certaine liberté dans la définition de nos centres d'intérêt qui subissent alors moins l'influence d'écoles de pensée déjà existantes ou des tenants d'une certaine esthétique. Cette situation semble en fait être propice au développement de ce que l'on appelle toujours la musique nouvelle.

- Jøran Rudi a étudié à New York. C'est un compositeur actif dans le domaine de l'électroacoustique et de l'informatique musicale. Il est l'actuel directeur du NoTAM (Norwegian network for Technology, Acoustics and Music).

Traduction: Isabelle Wolfmann

Dialing Up

It has been possible to hear the upswing of Norwegian music across the world during the past five years. Great effort has gone into creating a comprehensive educational system for musicians and composers and this, combined with ample financing for new works and festivals across the country (large and thinly populated as it is), has served as the basis for a vigorous and energetic environment for music. Although the tendency in Norway, as in most places, easily drifts towards conservatism in the programming of events and musical presentations where public funds are used to present an "official" façade of esteemed Norwegian music, there is, on the whole, enough of a focus on contemporary music to keep the scene alive and in development.

However, in the Norwegian social democratic society where interest groups' demands for public funding never cease to grow, electroacoustic music has been largely ignored. The regional colleges and music conservatories have incorporated this field at only the most basic level in their educational programs, which are almost without exception directed towards a more "efficient" approach to working with tonal material. Interest in teaching electroacoustic composition technique and music has been small, and has typically focused on the benefits of technology as related to instrumental music. The reasons for this situation have been many, and composers working with electroacoustic elements in their music have been restricted to individual home studios since there were no professional production facilities for electroacoustic music anywhere in Norway until 1993/94, with the exception of facilities provided by the Henie-Onstad Arts Centre for a period in the 1970s and early 1980s. The Norwegian organizations for contemporary music did not fathom the depths of sounds provided by non-traditional instruments, and the haphazard evaluation and categorization of electroacoustic works by the Norwegian copyright and performing rights organizations were discouraging. Neither was there an environment for research and development of soft- and hardware, nor a professional forum to which composers and artists could turn for advice regarding their strange and occasionally wonderful ideas.

The Norwegian section of the International Confederation of Electroacoustic Music (NICEM) has struggled to create and maintain a space in the public consciousness for our music, and was for many years the only organization in Norway whose efforts focused on presenting electroacoustic music to the public and providing a forum for discussion about related topics. In this way, the idea of professional studio facilities was kept on the public agenda, while quiet work to secure a more stable resource for electroacoustic music was taking place at the University of Oslo, the Norwegian Cultural Council and in the offices of the Society of Norwegian Composers. It was not until 1993, when the idea of a national resource (a network with the educational institutions as its primary focus) was paired with the idea of a professional electroacoustic music studio, that these objectives were realized in the form of the Norwegian network for Technology, Acoustics and Music (NoTAM).

(Formal and technical information about NoTAM can be found at: http://www.notam.uio.no, and an abbreviated version can be found in my NoTAM Studio Report delivered at the ICMC 1995 in Banff: http://www.notam.uio.no/~joranru/studio.report.html.)

Several Norwegian composers have produced valuable electroacoustic works throughout the years, with Kåre Kolberg, Bjørn Fongaard, Arne Nordheim, Gunnar Sønstevold and Sigurd Berge, among others, counted among the Norwegian pioneers in this field. These composers traveled abroad, working in Poland, Germany, Sweden and Switzerland, among other places. Knut Wiggen, the first Director of Electronic Music Studio (EMS) in Sweden, was Norwegian, and his engagement in our neighboring country documents the lack of interest and funding in Norway at the time for electroacoustic music and research. Wiggen did all of his work in Sweden and, apart from his musical works, he is probably best known for his early computer program "Music Box", which focused more on structuring musical objects than on timbral manipulation. Composers John Persen, Tor Halmrast, Kjell Samkopf, Nicolay Apollyon, Rolf Wallin, Cecilie Ore and Peer Landa are perhaps also known to the international audience for electroacoustic works produced since the mid-1970s. Most of the works by these composers have been in the instrumental "domain", and only a few works are purely electroacoustic. Of these few works, however, several have received awards in international competitions and have been placed on concert programs internationally. The younger generation is difficult to identify at present but should most likely include the names of composers Arne Hellan, Anders Vinjar, Bjarne Kvinnsland, Ida Heidel, Ragnhild Berstad and Asbjørn Flø. There are also young composers in the more commercial vein of music that give reason to believe that interesting projects and compositions will find place in this cross-over area.

Logging On

The Norwegian music community is full of vigor - performers are thriving with newly-won enthusiasm, composers are winning international acclaim and critical response, and concert organizers seem to have gained better knowledge of the international repertoire. This success has been built on the established and well-known foundation of instrumental music. But what about electroacoustic music?

It is natural that the focus on electroacoustic music today centers largely on NoTAM, given the general neglect of electroacoustic music in past decades and NoTAM's relatively recent establishment. NoTAM is defined as a network which over time must realize itself. The success of this realization rests on local initiative and engagement in the nodes, and will materialize slowly. This slowness does not reflect a weakness in the idea, but rather why the network-model is interesting and necessary. For a country as thinly populated as Norway, and considering the strong belief in equal opportunity ingrained in the social order, to develop a new area of investment in knowledge without considering the entire country in the planning of recruitment and the development of resources is unthinkable.

The future of electroacoustic music in Norway rests on four pillars: Composition, Research and Development, Education and Mediation. This seems quite obvious; in which other way could one define the task? However, when considering the little background there is to build on in Norway this becomes a significant challenge: Musical works must be created; they need to originate in an environment that remains to be built. This can happen only when a generation of composers seriously consider this form of music interesting enough to stake (part of) their livelihood on it, and few will do so until performances with interested audiences are able to help support this music. Paradoxically, this depends on audiences which will attend only when the music is interesting enough, which will in turn motivate those students poised to assume the roles of composers in the near future. The situation is complex, and the task is no smaller than the building of a tradition - or, more modestly, the foundation for it. This situation in Norway is quite unique; most Western countries have some sort of tradition within electroacoustic music, and an educational system that allows this tradition to be maintained.

Defining the Session

Of course we share the belief that technology-based art music has something to offer which cannot be touched by any other music; the juxtaposition of natural and synthetic timbres in environments that are free from instrumental concepts of time, place and acoustic circumstance. This distinction, however, does not provide much information in terms of aesthetic genres, and we firmly refuse to permit academic criteria to determine access to resources. An educational program is in place that offers courses in the use of various computer programs, as well as more theoretical aspects within signal processing, acoustics, mathematics and physics. Computer music itself, we believe, is cross-disciplinary, and NoTAM is, in collaboration with the Institute of Musicology at the University of Oslo and the State Academy of Music, in the process of starting to "define" our "space" by inviting guest speakers from disciplines as diverse as physics and cognitive science, philosophy, sociology, musicology and composition. Further, international exposure has enabled NoTAM to initiate a program for composers in residence, and we are collaborating in the structuring of a Masters' program in electroacoustic music at the University of Oslo.

In addition, we are developing Internet-based courses that will be offered throughout Scandinavia, and are investigating the possibility of establishing a common Scandinavian educational degree program within electroacoustic music. Students and teachers need not be in the same room-nor the same country; location as physical presence is, in this context, an irrelevant parameter!

NoTAM recognizes the need to mediate the use of technology, which in itself encourages new ways of shaping the creative impulse. New music is thus advanced when a more accepting attitude towards technology is adopted. It is equally important to participate in the development of the technology, as to avoid becoming solely a consumer. New technology is placed on our plate faster than we are able to shovel it down, and playing with our food is the most important approach to making it our own. Artists are particularly well-qualified "players" - their musical games have impact for us all. This "playing" may challenge established ideas of high/low art within the music community, and perhaps encourage us to question those aspects of mediation that assign particular value to certain works more than to others-we might do well by focusing more on these kinds of discussions taking place within the visual arts. It is not my intention to state that this kind of challenge is necessary for all milieus around the planet, but it has certainly proven to be useful in the building of our musical environment in Norway. Through the interest in other disciplines, and in considering possible digital bridges to the visual arts, for example, NoTAM has encouraged performance and other stage artists, as well as visual artists, to use the resources available on the network. We also provide assistance in the construction of similar resources in other countries.

Mediating the use of technology has also been one of the objectives in our work on the Web. NoTAM provides the Norwegian music community with Internet access at no cost, and has produced a number of tools for organizers, musicians and composers. We have created complete databases of all electroacoustic music from Norway by those composers interested in making their work accessible, as well as databases of all printed music from Norway, address guides to the music community at large and bibliographies of publications for popular music. In addition, there is a project underway that will allow a network-based distribution of music, with a pilot project constructed as a virtual record store for all music that has been recorded with public funding. Several Web-art projects will be realized in the beginning of 1996, and NoTAM's Web pages currently receive approximately 9, 000 visitors each week due to the remarkable efforts of the Systems Manager, Hans-Christian Holm. NoTAM has strategically placed itself in the center of what is believed to become an important music arena, and is considered uniquely ambitious in terms of the mediation project we have implemented on our WWW-pages.

As mentioned above, NoTAM is also interested in the development of technology. Since there is no reason to believe that large corporations are developing products for the primary purpose of unleashing the creative spirit, NoTAM's strategy takes this into consideration when developing hard- and software for composers and researchers. NoTAM's Chief Programmer, Øyvind Hammer, has provided composers with programs that are now in use throughout the world, of which some are planned for release on a freeware disk by Silicon Graphics.

NoTAM has focused on encouraging children's' interest in electroacoustic music through an educational composition program titled "Breaking the Sound Barrier." It will be presented next year at the principal venue for art music in Oslo, Konserthuset, on the GRM loudspeaker orchestra. The children will be allowed to experience what the real world is like in a concert situation-what the grown-ups use for toys. This philosophy is also fundamental in the development of NoTAM's CD-ROM that will be used in high schools and junior colleges. The students will "fall backwards" into existing musical material on the CD, and unravel the material as they fall. When they hit bottom, they will understand how the material was created, how to use the programs that created the sounds, and they will have also unknowingly received a lesson in aesthetics. The introduction is tailored as a series of calls to these programs, and tutorial soundfiles, animations, and tutorial texts about technical aspects and aesthetic topics are included in this CD-ROM that is tailored for use on the school's PC.

Check in on NoTAM next year to see how it is going!

Signing Off

One might perhaps say that NoTAM has tried to transform Norway's main weakness in electroacoustic music-a lack of history and tradition in a remote region-into a strength. We have attempted to foster an environment in which formal qualifications means less but ideas and effort mean proportionally more. In order to counter the potential disadvantages of our peripheral location on the planet, and to vitalize our activity in the creative domain, NoTAM has invaded the more traditional territories of mediation and is building an educational program with an international perspective through the Internet.

The Norwegian electroacoustic environment resounds with a sense of enthusiasm (and naïveté?) that encourages a fresh look at established dogmas - a perspective which will hopefully produce artworks that transcend traditional boundaries. Norway's meager background in the field of electroacoustic music, and a corresponding lack of interest and debate, might be considered problematic; yet it also permits a certain freedom in defining our areas of interest, which are less bound to existing schools of composition and various forms of aesthetic "establishments". This attitude does not seem inappropriate for the making of what continues to be called new music.

- Jøran Rudi is educated in New York and has been active as a composer of electroacoustic and computer music for many years. He is currently Director of The Norwegian network for Technology, Acoustics and Music (NoTAM).)

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