Edition Spéciale
Il y a tant de choses qui se passent
en ce moment et maintenant, il y a un groupe de personnes intéressées
à faire du travail de production pour la CEC. Les résultats
de leurs efforts sont inclus dans cette édition imprimée
spéciale de Contact!. Félicitations à tous!!!
DISContact! II
a été réédité. Tous ceux qui n'ont
pu le faire la première fois peuvent maintenant se procurer une
copie de ce CD double comprenant de courtes oeuvres de plus de 50 compositeurs
de musique électroacoustique et de musique assistée par
ordinateur. Jetez un coup d'oeil à l'annonce en page 2 pour commander
votre copie.
Avec toute cette activité en matière de CD, nous
avons pensé que cette édition pourrait rendre compte
de quelques CDs parmi ceux qui sont parvenus à la boîte
aux lettres de la CEC. Continuez à nous les envoyer pour
recension.
S'il-vous-plaît, lisez l'importante note du Conseil de
la CEC en page 4. Elle trace les grandes lignes de la direction
présente et future de la CEC, de ce qui est actuellement
entrepris pour vous.
Et finalement, je quitte mes fonctions de rédacteur de
Contact! et d'administrateur de la CEC. Ces trois années
ont été très bonnes pour moi, mais je sens
qu'il est maintenant temps de poursuivre mes études en
électroacoustique. J'aimerais remercier tous ceux qui
m'ont aidé durant ces années, et j'espère
que vous réserverez un accueil aussi chaleureux au nouvel
administrateur, Yves Gigon, que vous l'avez fait pour moi.
- Ian Chuprun
Septembre 1997
Du
Conseil
La CEC continue d'évoluer: par nature, par choix et à
cause des circonstances. La brève histoire de l'organisme
- dix ans - reflète l'engagement, le dévouement
et l'énergie de ses Conseils d'administration pour le
développement, la croissance et la reconnaissance de la
communauté de musique électroacoustique et de musique
assistée par ordinateur, au Canada et à travers
le monde.
Des conférences/festivals à Toronto, Banff et Montréal
ont rassemblé des praticiens de musique électroacoustique,
de musique assistée par ordinateur et de technologie sonore
et musicale en provenance de toutes les régions du Canada.
Grâce au soutien généreux du Conseil des
arts du Canada, la CEC a pu s'établir sur sur une base
solide, bien fondée et vaste. Des projets d'émissions
radio et de CDs ont réuni la communauté en créant
un point de convergence et ont permis la présentation
d'oeuvres de musique électroacoustique et de musique assistée
par ordinateur à un public toujours plus vaste.
Le fonctionnement interne de la CEC a changé: l'apparition
du bureau virtuel, la capacité de dépendre de moins
en moins du papier pour assurer sa présence dans la vie
des membres. Il y a dix ans, tous les membres du Conseil venaient
de Montréal; en 1997, ils vivent dans huit fuseaux horaires
différents. Les communications et le fonctionnement de
la CEC sont devenus des événements quotidiens dans
la vie de plusieurs personnes. Le Conseil discute quotidiennement;
le comité consultatif se rencontre fréquemment;
une liste créée comme service à la communauté
de musique électroacoustique, de musique assistée
par ordinateur et de technologie sonore et musicale (CECDISCUSS)
compte plus de 250 membres en provenance de plus de 16 pays.
La CEC demeure un organisme important et viable. Les gouvernements
et les autres agences préfèrent avoir affaire à
un organisme qui reflète une communauté identifiable:
pour tous ceux qui sont actifs en musique électroacoustique
et en musique assistée par ordinateur, la CEC est reconnue
en tant que représentant national de cette communauté
au Canada (comme en témoigne la récente subvention
de formation du CRHSC). Une telle voix et une telle présence
sont essentielles en ces temps de changements de politiques de
soutien financier aux artistes et producteurs.
Comme en témoigne le budget 97-98, la situation financière
laisse peu de marge de manoeuvre mais elle est stable. Le nombre
de membres demeure fort, autour de 200, et les projets de WWW,
de CD et d'émissions radio en cours continueront de refléter
la vigueur et le potentiel croissant de la communauté
tout entière.
Les recherches de la CEC pour créer un groupe de production
indépendant qui contribuerait à l'essor de la communauté
internationale de musique électroacoustique et de musique
assistée par ordinateur et qui travaillerait dans l'intérêt
de la CEC sont passées en revue. Les premiers résultats
tangibles de ce travail sont contenus dans cette édition
de Contact! - PRESENCE, un projet auto-financé de 2 CDs qui
seront distribués à plus de 750 membres, organismes
et producteurs (incluant plus de 100 stations radiophoniques)
intéressés et impliqués dans la communauté
de musique électroacoustique, de musique assistée
par ordinateur et de technologie sonore et musicale. Des copies
additionnelles sont disponibles à un coût minime.
Le soutien de ce projet offre un appui au travail, aux représentations
et à la présence de la CEC dans la communauté
nationale et internationale. La présence et la situation
de la CEC sont assurées par le soutien continu, renouvellé
et nouveau de tous les membres de notre communauté.
Restez à l'écoute et informez les autres de ce
que peut représenter cette importante présence.
Au nom du Conseil d'administration
Kevin Austin
Secrétaire de la CEC
Montréal 28 août 1997
Comptes Rendus
After
Some Songs
Joel Chadabe
Deep Listening Publications
Compte rendu de Kevin Austin
Publié sur l'étiquette de Pauline Oliveros. À
l'aide d'un TX-816 et du logiciel "M", Joel revisite
des vieux standards avec Jan Williams à la percussion
et deux autres interprètes. La fragmentation d'éléments
de standards tels que My Funny Valentine, In a Sentimental
Mood, There'll Never Be Another You, etc., offre des
points de départ pour le plaisir et l'intérêt
de ces huit courtes pièces. Comme de nouveaux amis qui
m'inciteraient à refaire connaissance avec de vieux amis.
Plaisant et agréable à tous les égards.
- Kevin Austin, Montréal.
Préludes
à la vie
Michel Chion
empreintes DIGITales
Compte rendu de Frank Koustrup
Préludes à la vie est un disque fascinant
comprenant deux recueils d'oeuvres du compositeur français
Michel Chion. Les deux pièces sont constituées
de plusieurs petites sections.
Composé de 1972 à 1991, Le prisonnier du son
est narratif, sorte de pièce radiophonique qui débute
par une introduction parlée. De nombreuses parties de
cette longue oeuvre sont résolument "lo-fi"
et même distortionnées, révélant ainsi
l'âge technologique de l'oeuvre. Ce n'est pas une mauvaise
chose. Certains passages de mauvaise qualité évoquent
efficacement la sensation d'être coincé. Même
si elle est divisée en petits morceaux, la composition
entière donne l'impression d'être unifiée.
Cependant, dans les 24 Préludes à la vie,
il y a un peu de tout. Ce sont des préludes qui mènent
au prélude suivant, qui mène au suivant, qui mène
à la vie à la fin du disque. La plupart de ces
24 préludes sont délicieux et parfois mystérieux.
Les textures et les arrangements sont magnifiques. Mais certains
passent et ne retiennent guère l'attention, comme des
moments où l'on serait dans la lune. À l'exception
du dernier, tous durent moins de trois minutes. J'aime particulièrement
...veil, l'ambiance sournoise de Le couple et les
monstres redoutables de "Danses de l'ombre".
Les pièces brèves ont un charme inhérent,
ne serait-ce que parce que si vous n'aimez pas une pièce,
au moins elle ne durera pas longtemps. Mais rarement les pièces
brèves développent-elles une ambiance pour ensuite
se répandre. Lorsqu'elles s'enchaînent les unes
aux autres comme sur le disque, l'effet d'ensemble de ces oeuvres
est abrupt et informe. Les compositions individuelles font alors
partie d'une masse incohérente, une succession d'éruptions.
Une telle mise en séquence de la musique fait penser à
l'écriture d'un poème qui n'utiliserait que des
mots à une syllabe, ou à l'écoute d'un athlète
qui parle. Le médium, le milieu ne convient pas à
ces pièces. Ces compositions seraient bien plus convaincantes,
soit comme répit pour l'oreille, soit comme quelque chose
qui nous éveille subitement, si elles étaient disposées
entre des compositions plus longues et fluides. Ou comme le titre
le suggère, ces oeuvres seraient mieux utilisées
comme préludes plutôt que comme succession d'unités
discrètes dont les relations sont souvent pauvres. Il
est difficile de retenir les pièces qui nous attirent
et d'éviter celles qui ne sont pas réussies.
Néanmoins, j'aime ce disque. Michel Chion est un maître
de la texture et je prend plaisir à me plonger dans ses
figures subtiles et imprévisibles. J'apprécie les
touches absurdes qu'il dépose tout au long de ces oeuvres,
les voix maniaques, les fracas déformés et soudains.
Sa musique est impétueuse, sautillante et ensuite douloureusement
lyrique.
Bien que la composition de ce disque ne soit pas idéale,
la musique de Michel Chion abonde toujours en joyaux et laisse
entendre un humour étrange, inhabituel.
- Frank Koustrup, Montréal.
Sous le regard
d'un soleil noir
Forêt profonde
Francis Dhomont
empreintes DIGITALes
Compte rendu de Jonty Harrison
Le nom de Francis Dhomont est bien connu des membres de la CEC
de même que des lecteurs des publications de cette dernière.
Actif depuis bientôt vingt ans à Montréal
comme compositeur et enseignant, il est le "père
musical" de presque toute la jeune génération
de compositeurs québécois qui ont laissé
leur marque dans le monde de l'électroacoustique durant
la dernière décennie.
Les deux CDs recensés ici sont parus en même temps
qu'une réédition opportune de l'album double Mouvances-Métaphores
de Dhomont sur empreintes DIGITALes, ce dernier paraissant cette
fois sous la forme de deux disques simples, Cycle de l'errance
et Les dérives du signe. Chacun des quatre disques
vient dans le nouveau boîtier OPAK, conçu par le
directeur artistique d'empreintes DIGITALes Jean-François
Denis et son graphiste Luc Beauchemin. Le boîtier OPAK
est fait de carton, pèse à peu près la moitié
du poids des boîtiers réguliers (ce qui est excellent
pour le transport) et offre une plus grande surface pour le graphisme
(incluant la possibilité d'identifier le disque sur les
quatre tranches - ce qui est bon pour la recherche en magasin)
de même qu'il permet d'inclure plus de disques et/ou de
documentation dans l'emballage, aussi bien un CD simple accompagné
d'un livret volumineux qu'un album triple accompagné des
notes habituelles. Un inconvénient, une fois que le boîtier
est endommagé ou montre des signes d'usure, on ne peut
pas y faire grand-chose. Nous avons sûrement tous des boîtiers
de plastique craqués dans notre collection de disques,
mais si nous le voulions, nous pourrions les remplacer pour une
somme modique, ce qui n'est pas possible avec le boîtier
OPAK.
Comme c'était le cas avec l'ancien album double, les deux
nouveaux CDs forment un cycle, le Cycle des profondeurs
inspiré de la pensée psychanalytique. La première
pièce du cycle, Sous le regard d'un soleil noir,
est conçue à partir de textes du psychanalyste
britannique R.D. Laing; la seconde, Forêt profonde
prend comme point de départ les écrits de Bruno
Bettelheim. Dhomont déclare que le cycle pourrait inclure
une troisième oeuvre, "consacrée aux oeuvres
de Kafka, guidée par les écrits de Marthe Robert".
Si l'on en juge d'après la qualité de ces deux
disques, j'attends cette troisième pièce avec impatience!
Sous le regard d'un soleil noir date de 1979-81, une partie
en a été composée dans les studios du GRM
à Paris (les deux CDs ont été produits en
collaboration avec l'INA-GRM). D'après Dhomont lui-même,
Forêt profonde l'a "accompagné"
durant les quinze dernières années, sa production
finale l'occupant pendant les années 1994-96.
La première caractéristique remarquable des deux
oeuvres est leur désignation de "mélodrames
acousmatiques". Il y a une part substantielle de texte dans
les deux pièces, qui durent chacune près d'une
heure, et l'auditeur non francophone pourrait bien sentir une
certaine agitation à propos de sa capacité à
s'engager dans ce qu'offre Dhomont. De fait, le compositeur partage
cette inquiétude. Lors d'une performance récente
de "Forêt profonde" ici à Birmingham,
Dhomont tenait vivement à ce que la traduction anglaise
des textes soit disponible, au point même de garder l'éclairage
de la salle à un niveau assez élevé pour
favoriser leur lecture durant la performance! Cependant, la sensation
de son pur est si merveilleusement contrôlée que
ce problème se pose bien moins qu'on ne pourrait le penser,
et la richesse des oeuvres est telle qu'elles supporteront plusieurs
écoutes répétées, bien que des niveaux
de sens additionnels se révéleront certainement
à l'étude des textes et des traductions offerts
dans le très généreux livret.
Sous le regard d'un soleil noir a rapport à la
schizophrénie. À l'instar de Laing, de qui elle
s'inspire, la pièce ne traite pas de la schizophrénie
mais en est plutôt une sorte d'analogue. Non seulement
le matériau suggère-t-il une détérioration
de l'état (par exemple, par la séparation et la
distribution du texte en "trios de moi"), mais même
l'organisation spatiale suggère les dichotomies et la
polarisation implicite dans le contenu: le contraste entre le
matériau très "présent" à
la sonorité réverbérée et des sons
centrés de façon très serrée, presque
mono, sujets à des interjections soudaines, hautement
stéréophoniques. C'est une caractéristique
de cette pièce que de tels traitements ne soient jamais
simplistes mais toujours frais et en constante redéfinition
- servant toujours à rehausser l'"expérience"
(dont nous ne pouvons pas faire) de l'expérience d'un
autre. Ce faisant, Dhomont construit, comme le fait remarquer
Jean-Jacques Nattiez dans son introduction à l'oeuvre,
un mythe plus général à travers lequel l'homme
"normal" découvre ses propres traits schizoïdes.
Avec Forêt profonde, nous sommes plus à même
d'entrer en rapport avec la proposition centrale - nous avons
au moins tous été enfant, même si ce n'est
qu'un des nombreux niveaux où la pièce agit. Chez
Dhomont, l'évocation de l'enfance au moyen de contes de
fée est puissante - dangereuse même - pour nos sensibilités
urbanisées. Ce qui est stupéfiant à propos
de cette oeuvre, comme c'est le cas avec tant d'autres oeuvres
de Dhomont, c'est la grande justesse de l'observation - il peut
être en train de parler de moi, de ma vie, de mon expérience
singulière; la perspicacité coupe l'auditeur comme
le ferait un couteau. La pièce présente un entremêlement
magistral et poignant de sons de l'enfance (actuelle? remémorée?),
une conscience adulte du contenu "réel" des
contes de fée, et des références documentaires
sur la vie de Bettelheim, qui a survécu à Dachau
mais s'est suicidé en 1990.
Ceux qui connaissent d'autres oeuvres de Francis Dhomont reconnaîtront
quelques marques distinctives: le monde sonore raffiné;
les enregistrements de sons du monde réel admirablement
réalisés; la simplicité en apparence, pourtant
d'une justesse totale par rapport à l'intention poétique,
des transformations en studio (de la voix en particulier dans
ces deux oeuvres); le sens de faire advenir tout au bon moment,
à la bonne vitesse, avec la bonne densité; la stupéfiante
profondeur de champ, de l'infinité à l'extrême
proximité; la référence subtile, non seulement
au monde réel (mais qu'est-ce qui est vraiment "réel"
dans cette évocation orale d'une super-réalité
interne?), mais à un héritage musical dont il est
pleinement conscient même si son art se prolonge au-delà
de cet héritage. Dans Sous le regard d'un soleil noir,
cela se manifeste dans l'insistante note si (si s'emploie également
pour marquer le conditionnel en français) qui se répand
dans l'oeuvre, rappelant ce que le compositeur nomme "la
mémoire de Wozzeck" (de l'"Invention" de
Berg à partir de cette note dans l'opéra du même
nom), et se faisant l'écho de la répétition
de Laing de ce que Nattiez nomme "le si conditionnel...[qui]
devient allitération obsédante". Dans Forêt
profonde, Schumann est la principale référence
musicale. Comme Dhomont l'explique, "chacune des treize
sections emprunte un bref élément, une couleur,
une atmosphère, aux 13 Kinderszenen (Scènes d'enfants)".
Comme toujours avec les oeuvres de Dhomont, l'oreille de l'auditeur
est rehaussée par le compositeur dans ces deux pièces
remarquables - il nous fait entendre mieux que nous ne le pourrions
autrement. Il nous fait prendre conscience des rapports, des
subtils échanges et interactions, et par contraste, il
confère au matériau radicalement différent
un caractère "juste", organique et logique.
Il tient l'auditeur dans une suspension de la croyance, dans
un pays magique qui n'est pas sans ressembler à la "forêt
profonde" de l'imagination, guidé - ce qui est si
rare en ces temps, et est ainsi encore plus frappant - par nos
oreilles. Ce que nous dit Dhomont est vrai - la preuve est la
confirmation de la perception orale: entendre, c'est croire.
- Jonty Harrison, Birmingham, Royaume-Uni
Presque rien
Luc Ferrari
INA/GRM
Compte rendu de Andrew Lewis
Luc Ferrari est un des grands noms des premières années
de la musique électroacoustique, et ce CD en donne quelques
raisons. Les trois pièces de la série Presque rien
plongent immédiatement et irrésistiblement l'auditeur
dans un paysage sonore plein d'images vives. Presque rien N·1
- le lever du jour au bord de la mer(1970) est contruit à
partir de l'enregistrement d'un village côtier au lever
du soleil, et l'écouter est presque aussi bon que d'aller
en vacances. Ferrari n'a pour ainsi dire rien fait à l'enregistrement
- rien qui attire l'attention en tant qu'artefact composé
- pourtant, on sent toujours la présence créatrice
du compositeur poussant gentiment le matériau brut au-delà
de la ligne de démarcation entre "sons" et "musique".
Presque rien n·2 et 3 poursuivent le processus plus avant,
les enregistrements environnementaux étant mis en contact
avec des matériaux musicaux abstraits, plus composés.
Pourtant, l'émerveillement induit par le sens du "lieu"
n'est jamais perdu. On entend toujours la musique à l'intérieur
d'un espace imaginaire variable, depuis la pleine campagne jusqu'aux
confins de l'esprit du compositeur (ou de l'auditeur?).
Toute cette maîtrise contraste de façon marquée
avec le caractère relativement cru de la pièce
pour bandes multiples Musique Promenade de 1969. La mêlée
de coïncidences de sons en apparence arbitraires et la sensation
de sévérité et de réalisme de ces
sons induisent un sentiment d'anxiété et de frustration
à des lieues de la tranquilité et de la méditation
qu'engendre la série de pièces Presque rien. Pourtant,
plutôt que de nuire au CD dans son ensemble, cette pièce
semble souligner l'accomplissement remarquable des trois autres.
- Andrew Lewis, Bangor, Wales, Royaume-Uni.
Solitude Trilogy
Glenn Gould
CBC Records/les disques SRC
Compte rendu de Kevin Austin
Documentaires sonores séminaux tirés de The Idea
of North (1967), The Latecomers (1969) et The Quiet in the Land
(1977), cet ensemble de trois CDs est incontournable pour quiconque
s'intéresse à l'électroacoustique, l'écologie
acoustique, les pièces radiophoniques (Hörspiele),
l'art radio, la linguistique et même l'anthropologie culturelle.
Les modes d'écoute uniques de Gould jouent avec le texte
et le contexte d'une manière qui témoigne que ses
versions des Goldberg étaient des prolongements tout-à-fait
naturels de ses facultés intérieures d'organisation/différentiation
sonores.
Notes de programme en anglais, français et allemand: superpositions
et polyphonies par Gould.
- Kevin Austin, Montréal.
Suspended
in Amber
Sarah Peebles
Innova
Compte rendu de Kevin Austin
Musique aussi intemporelle que la conscience d'un jardin de pierre
japonais, le CD Suspended in Amber regroupe des oeuvres élaborées
à partir des expériences multiculturelles de Sarah
Peebles: compositrice, interprète, source d'énergie.
Les quatres oeuvres, habilement présentées, Blue
Moon Spirit (shô), Tomoé (version 4) (shô,
percussion, sources sonores variées, sons échantillonnés),
Phoenix Calling (shô, percussion et bande), Aqua Bubble
(ondes Martenot, shô, électroacoustique, jouets),
cheminent entre l'improvisation et la réalisation acoustique
des forces intérieures secrètes du corps, du discours
et de la pensée de la compositrice et de l'interprète.
Le shô psalmodie au-dessus d'un entrelacement délicat
de sons environnementaux de huard, de cigale et d'eau; des percussions
de temples japonais forment un contrepoint avec des grenouilles
et des insectes; les ondes Martenot et l'échantillonneur
cohabitent naturellement dans cette nature morte moderne occidentale-orientale,
spirituelle et dynamique. Les cycles des saisons, la naissance,
le passage et la re-naissance transforment l'agitation intérieure.
Sons de grâce et de paix: musique: musiques de paix intérieure
longitudinale où le temps n'exerce aucune emprise.
- Kevin Austin, Montréal.
Kaleidos
Stéphane Roy
empreintes DIGITales
Compte rendu de Andrew Lewis
Des enregistrements qui apportent un argument convaincant quant
à la valeur de la musique acousmatique paraissent trop
rarement, mais c'est ce que fait avec éloquence le CD
de Stéphane Roy. Voici de l'art acousmatique dans sa forme
la plus pure, la plus élevée. Il y a une fluidité
et une mobilité dans le contrôle et la mise en forme
du matériau qui révèlent une approche véritablement
sculpturale du son - le son comme médium plastique. On
remarque immédiatement l'attention soignée portée
au détail dans cette musique, bien qu'elle ne soit jamais
trop contenue. Il y a toujours un sentiment de joie réelle,
de réjouissance dans la beauté des sons pour eux-mêmes.
Cette musique est, dès la première écoute,
immédiatement attirante (peut-être à cause
du contenu principalement centré sur les sons à
hauteur déterminée), mais elle laisse également
prévoir qu'une écoute plus approfondie offrira
cependant de plus grandes récompenses. Ce qu'on remarque
particulièrement dans les pièces présentées
est que le compositeur ne fait pas que manipuler des matériaux
comme s'ils étaient de la matière inanimée.
Au lieu de cela, les sons sont réellement faits pour vivre
et respirer, comme s'ils possédaient eux-mêmes une
intelligence et montraient des comportements particuliers en
réponse directe à leur environnement sonore.
Toutes les pièces sur ce CD ont des attributs stylistiques
en commun, en particulier l'utilisation caractéristique
du "ré-enveloppement" des sons, à la
fois en intensité et en hauteur. Les pièces plus
anciennes Ondes/Arborescences et Paysages intérieurs partagent
une vitalité parfois écrasante, mais en même
temps toujours clairement sous contrôle, alors que Mimetismo
réussit, avec une apparence d'aisance, la difficile tâche
de transporter un langage si fortement acousmatique dans le champ
instrumental d'une façon telle que la guitare et la bande
ne font réellement qu'un (ce qu'on prétend souvent
pour d'autres pièces, mais rarement de façon réellement
justifiée).
Un point important à mentionner à propos de ces
oeuvres est qu'elles ne témoignent pas seulement de l'art
du compositeur mais également de son métier, chose
indispensable dans le domaine acousmatique puisque le compositeur
ne fait pas que concevoir la musique, mais il la "fait"
également. Dans la dernière pièce Crystal
Music, le métier est porté à de nouveaux
sommets, avec ses explorations extrêmement contrôlées
de tessons de sons doux mais intensément actifs.
- Andrew Lewis, Bangor, Wales, Royaume-Uni.
Ivan Tcherepnin
Ivan Tcherepnin
Composers Recordings Inc
Compte rendu de Frank Koustrup
Voici un disque de pièces instrumentales en direct composées
par Ivan Tcherepnin, actuellement directeur du Electronic Music
Studio de l'Université Harvard. Interprète actif,
il a travaillé avec Merce Cunningham et Yo Yo Ma. Son
frère Serge Tcherepnin est l'inventeur du "Serge
Synthesizer" qu'on peut entendre sur ce disque.
La musique de ce disque tournoie gentiment. On y retrouve de
fortes influences minimalistes et pentatoniques mais la musique
ne sonne jamais de manière mécanique et n'est pas
irritante comme celle de Glass peut l'être. C'est parfait
pour somnoler un dimanche après-midi alors qu'on se remet
d'une grippe.
Ce sont des pièces intimes pour une variété
éclectique d'instruments et de traitements électroniques.
Ivan Tcherepnin joue lui-même dans toutes les pièces.
Il alterne au psaltérion, à l'orgue, au santur,
au "Serge Synthesizer" et aux processeurs. Souvent,
les sons traités trahissent leur âge, les performances
datant des années soixante-dix jusqu'à ce jour.
Les échos et les filtres sont hautement analogiques et
parfaits pour leur temps mais sonnent un peu maladroitement aujourd'hui.
L'emballage de ce disque est simple et informatif. Les producteurs
ont inclus des notes complètes en anglais, français
et allemand.
- Frank Koustrup, Montréal.
Jeux pour l'oreille:
Hörspiele 2
La Muse en circuit
Compte rendu de Kevin Austin
Encore des frontières floues. Vous êtes-vous jamais
demandé ce qui était arrivé à la
composition Texte-Son? Hörspiele (pièce radiophonique),
sa descendance, se porte bien. Les oeuvres couvrent un vaste
registre: la pièce au contenu émotionnel direct
(sinon quelque peu névrosé) Le temps est un songe
masqué d'Erik Mikael Karlsson et Frederik Ekman (texte);
11, avenue du Midi de Nicolas Verin, cartes postales personnelles
faites de collages sonores suggérant l'enfance perdue;
les miniatures (mélo-)dramatiques 5 petites compositions
familiales de Dominique Petitgand, sorte de films/vidéos
sonores personnels; le collage son-texte Inno d'Alessandro Solbiati;
la composition électroacoustique (acousmatique) évocatrice
Berceuse de quatre saisons de Miao-Wen Wang (ensevelie sous une
réverbération abondante).
La plupart des oeuvres ont des caractéristiques en commun:
l'importance du texte ou des mots (5), les sons environnementaux
(5), une durée approximative de douze minutes (5), une
utilisation plutôt naïve de la réverbération
en grande quantité (5-6), des structures formées
de sections (5), des sons traités de façon minimale
(5), une préoccupation plus grande pour la communication
et la précision du sens et du message plutôt que
l'exploration sonore en soi.
Un changement plutôt agréable par rapport à
l'incessante exploration sonore et l'ignorance des racines langagières
de nos formes artistiques.
- Kevin Austin, Montréal.
Pendler
Compte rendu de Kevin Austin
Un ensemble de deux CDs comprenant douze oeuvres électroacoustiques
construites à partir de matériaux recueillis autour
de la gare ferroviaire de Copenhague. Pendler = banlieusard,
personne qui voyage quotidiennement pour se rendre au travail.
Un train différent sur chaque voie.
Le calembour le plus célèbre (bien que peu reconnu)
dans le domaine de l'électroacoustique est cette question
à niveaux multiples: quel opéra ressemble à
une voie ferrée? (Voir ci-dessous). Depuis plus de 150
ans, les trains fascinent les compositeurs sonores et autres
enfants. Le bruit, l'évasion, l'excitation, le mouvement:
depuis le poème évocateur de Julian Tuwim, Lokomotywa,
jusqu'à la première étude de musique concrète
de Pierre Schaeffer en 1948, Étude aux chemins de fer,
le vacarme, le fracas, le sifflement, le grondement, transportent
et transforment immédiatement.
Le projet de Jørgen Teller pourrait bien être perçu
comme une sorte de point tournant à l'instar du CD Électro-Clips
d'empreintes DIGITALes en 1990. Les styles et langages des compositeurs
traditionnels ont porté fruit par la pollinisation de
l'analyse, car il est possible d'observer et de codifier la nature
et les types de transformations appliquées aux matériaux
et idées partagés dans le langage reconnu.
Le projet Électro-Clip de Jean-François Denis permet
la comparaison de style et d'idée parce que tous les compositeurs
partent du même point: une composition de trois minutes.
Jørgen pousse cette idée un peu plus loin. Chacun
des douze compositeurs s'est vu offrir des matériaux similaires
tirés d'enregistrements d'un voyage en train de banlieue,
une limite de durée approximative de douze minutes et
deux jours de temps de studio. Les résultats sont tout
à fait fascinants en raison des similitudes et différences
implicites à la facture du projet. Étant donné
les contraintes considérables de temps, il n'est pas surprenant
de remarquer que la plupart des pièces sont structurées
en grande partie autour de couches expansibles et de sections
étendues.
Cph Pendler Music de Francis Dhomont est organisé en vastes
gestes superposés. Son paysage sonore de 12 minutes 31
secondes démontre son raffinement dans le traitement,
le montage, la superposition et le mixage. Chose intéressante,
aucun son directement produit ou émis par des personnes
n'est présent en surface.
Dans Kiseru-Copenhagen to Shinjuku, Otomo Yashid adopte un style
souvent aéré où l'on retrouve des coupures
rapides et des techniques de collage. Des sons synthétiques
s'ajoutent à ceux fournis par les organisateurs. Un trait
caractéristique de l'approche `son vérité'
, les sons sont coupés de façon abrupte à
12 minutes précisément.
9/10 de Jakob Brandt est un collage numérique diffus,
tamisé, ample. L'hommage à Pierre Schaeffer est
gentiment dissimulé dans la deuxième moitié
qui évolue de façon étendue et qui fait
presque penser à un rythme de danse. On retrouve également
une petite blague `number 9 ' à ne pas manquer.
Rueglo de France joue la carte schaefferienne avec boucles et
découpages. De nombreux petits fragments échantillonés,
dont `l'identification' est facilitée par la connaissance
de leur provenance, apparaissent dans une texture musicale à
l'intérieur de laquelle l'obscurité de l'original
est presque sans conséquence. Les sections du milieu et
de la fin se développent sur une `figure de batterie'
à 96 battements par minute (bpm) et un fragment mélodique
en ostinato dans le registre moyen. Le rythme de danse s'éteint
durant la dernière section alors que le `retour à
la réalité' se produit durant la minute finale.
Third Stone from Platform Seven de P. O. Jørgen fait partie
des pièces de type collage, semi-numériques et
organisées en couches. Le choix de sons et le flottement
entre leurs aspects `sonore' et représentationnel facilitent
la clarification et l'identification de cette oeuvre. (La section
médiane est construite sur un fond de 110 bpm.)
La dernière pièce du premier CD,14 trax and a hut,
est de Jørgen Teller, un des initiateurs de ce projet.
Un trait caractéristique de cette oeuvre est l'`écoute
intérieure' des sons, de leur mise en évidence
et leur présentation, indépendantes de leur origine
et leur signification fonctionnelle. Jørgen est manifestement
hypnotisé par le défilement des voies en dessous.
Le CD II commence avec une pièce de Per Buhn Acs, l'autre
initiateur du projet. Penduls débute avec des sons concrets
et, à travers de larges superpositions, se transforme
en une texture sonore, des éléments de collage
y étant répandus: boucles, allusions aux pistes
rythmiques, sections aux limites floues, pour ensuite retourner
au concret.
Trample under-Subconscious mélange les sons concrets et
transformés, dépouillés de leur contexte.
Yasuhiro Otani crée des développements largement
détaillés de directions possibles: collages d'objets
soigneusement choisis, montés et transformés -
de multiples types de transformations. Mais comment faire tenir
tout cela ensemble? Les fragments sont contigus, coexistent,
évoluent et se dissolvent, comme le titre l'indique.
Avec Stay Put de Butthead, le rock semi-industriel de `groupe
de garage' est à l'ordre du jour. Les quatre sections
de trois minutes utilisent les matériaux sonores fournis
comme fond pour des additions ultérieures: guitare grunge,
paroles hurlées, etc. peuvent attirer l'attention du milieu
(pop) rock expérimental. Un bon pont.
À 128 bpm, les pistes de batterie vont bien avec le `groove'
qui s'est installé sur les deux CDs. Avec des allusions
peu nombreuses aux matériaux sonores fournis, Noodlesoup
de Dr Mengelhouse reflète cette place où le `son'
est assujetti aux hauteurs et aux rythmes. Des pistes de machines
à rythme et de séquences de basses offriront peut-être
à cette `voie' passablement de temps d'antenne aux stations
situées à la croisée des chemins.
Avec Routine Rumble d'Anton Ignorant, la pulsation monte à
130 bpm. La pièce part du concret; à 2:15, la coupure
menant à une pédale ostinato avec pulsation signale
le début de la section médiane aux allures de musique
de danse, où flottent des indices d'éléments
concrets. Avec la disparition en fondu de l'ostinato à
10:00, la structure presque en arche disparaît au loin
à 12:39.
Pendlerdrøm de Barry Truax, le `rêve du banlieusard',
débute de façon fortuite et heureuse avec les mêmes
sons que ceux qui terminent la plage précédente.
L'intention psychologique du compositeur apparaît sous
la forme de: gare -> train -> section de transformation
par traitement dans le temps (les transformations du son deviennent
plus importantes que le matériau d'origine; un équivalent
de cette relation dans la musique tonale est la modulation à
la dominante: le thème secondaire) -> longs sons de
souffle étirés dans le temps, retour aux matériaux
originaux -> granularité numérique / résonance
/ traitements de type vocoder (très beaux) -> retour
à la réalité. (presque une forme rondo.)
Un CD hautement recommandé pour l'auditeur, le diffuseur,
l'enseignant, l'étudiant et l'organisateur de concert.
Ces études stylistiques de chevaux d'acier sont un bel
Omaggio (indice) à leur père, Pierre Schaeffer,
et je suis sûr qu'il aurait été surpris et
fier de la qualité et la diversité des réalisations.
Le problème majeur de ce CD est l'absence de note de programme
qui, si je comprends bien, est due à un déficit
budgétaire. Peut-être pourront-elles être
affichées sur le World Wide Web afin de faciliter la distribution.
Au chapitre 7 de la version anglaise d'Ulysse de Joyce est posée
la question: "Quel opéra ressemble à une voie
ferrée?" La réponse est `The Rose of Castille'
(Rows of cast steel) - ligne de fonte d'acier -, qui apparaît
dans Omaggio de Berio dont le texte est tiré du chapitre
11.
- Kevin Austin, Montréal
juin à août 97
Music from SEAMUS
3
SEAMUS
Compte rendu de Kevin Austin
SEAMUS, la Society for Electro-acoustic Music in the United States,
tient une conférence annuelle où près de
100 oeuvres sont présentées. Les délégués
choisissent des oeuvres qui seront publiées sur CD. Music
from SEAMUS 3 contient les huit oeuvres sélectionnées
lors de la conférence de 1994.
Order and Alliance (1991, 11:00) pour piano et bande, de Larry
Nelson est une présentation sérieusement virtuose.
La bande contient des sons de type FM, imitant souvent l'apparence
de résonances de modulateur à anneau. Parmi les
allusions historiques éparpillées tout au long
de la pièce, les qualités post-mantra-esques/chopin-esques
sont les plus faciles à identifier. La bande danse autour
du piano, à la fois comme toile de fond, instigateur,
compagnon enjoué, expressif et désenchanté.
Dans ce ballet virtuel, rien ne demeure longtemps tant sur le
plan de la construction que de l'exécution - le piano-enfant
et l'ordinateur-papillon voletant autour du jardin sonore en
constante évolution.
Counterpoints pour saxophone, bande et traitement sonore en direct
(1992, 8:42) est, comme le compositeur Scott Wyatt écrit,
"une oeuvre virtuose centrée sur l'organisation des
hauteurs." Une autre occasion de mettre l'interprète
en évidence, l'électronique (généralement
de type FM) joue les rôles multiples du contrepoint dans
la musique européenne, de la création d'un vaste
champ de relations texturales et d'associations. La composante
électronique en direct, dans cette oeuvre en sections,
comprend principalement les traitements de type écho/réverbération/retard/décalage
de hauteurs.
Triple Play (1992, 5:42) pour piano/échantillonneur/disklavier,
du compositeur Joseph Koykkar, est une incursion dans la néo-tonalité/modalité
minimaliste élargie, inspirée de Nancarrow. Les
miroitements sonores façonnés en 1/8 de tons ajoutent
un aspect honky-tonk en surface. De conception et d'exécution
très rythmiques, les sections étendues sont principalement
construites sur des pédales-toniques, des bourdons articulés,
souvent répandus sur plusieurs registres.
In Mosaic (1992, 10:00) pour bande seule, de Joseph Anderson,
est une étude monochromatique d'un texte dont le déroulement
est morcelé ou "pixelisé". Créée
en Csound sur un système informatique NeXT, les trois
sections distinctes quatre/deux/quatre minutes forment une arche
d'une qualité gestuelle statique à laquelle on
pourrait s'attendre d'une mosaïque. Bien que la pièce
ne soit pas conçue pour une projection sonore à
canaux multiples, les textures parfois très denses pourraient
être illuminées/enluminées par la dispersion
spatiale.
The Blazing Macaw (1992, 8:17) pour piano et bande, de Charles
Mason, est très animé et d'inspiration latino-américaine.
Le titre renvoie au jeu du piano et de la bande qui fait penser
à des perroquets. Une pulsation, dont les groupements
forment une métrique irrégulière à
subdivision binaire (noire = 68), met en relief les intentions
du compositeur et les figures répétées en
arpèges ascendants, qui constituent la majorité
des caractéristiques de surface de l'oeuvre, confèrent
à la pièce sa légèreté. (Les
figures pulsées de la bande sont en grande partie produites
au moyen des sons de type "percussion staccato FM du fabricant"
qu'on retrouve dans plusieurs des pièces.)
Et la pièce Love's Not Time's Fool (1992, 8:08) de Steve
Beck est une exception. Cette pièce, la "... première
oeuvre de ce compositeur à être basée sur
l'improvisation..." explore "... l'interaction entre
l'interprète et l'ordinateur, alternant entre la synchronisation
complète et les retards variant de façon aléatoire."
Les sons du Yamaha TX802 (encore des modules FM) sont générés
en réponse au contrôleur à vent et à
l'ordinateur. Les techniques et modes de jeu des contrôleurs
à vent favorisent les changements soudains de qualités,
d'articulations et de caractéristiques spectrales.
La composition pour percussion et bande est une tradition consacrée
en électroacoustique. Fast Forward (1988, 6:30) d'Eric
D. Chasslow tente d'allier deux percussionnistes et une bande
pour en faire un ensemble "impossible". Loin de la
tradition post-minimaliste qu'on retrouve ailleurs, cette pièce
conserve une flexibilité rythmique dans le mélange
de percussions de type FM et d'événements spectraux
avec les interprètes en direct.
La composition pour bande Whitewash (1992, 9:04) de Paul Koonce
se concentre sur l'exploration de l'objet - une autre tradition
vénérable en électroacoustique. La pièce
est construite à partir de trois sons de piano traités
et re-traités au moyen de CMUSIC sur un système
NeXT. Les impératifs structurels sont de nature dramatique;
les sources à l'origine distinctes sont progressivement
transformées, par des processus gestuels évoluant
lentement, en des sons qui présentent davantage de similitudes.
Les textures rappellent la musique de chambre; bien que les éléments
individuels sont complexes du point de vue de la genèse
et de la transformation, l'oeuvre conserve sa clarté qui
ne s'obtient en grande partie que par des éléments
sonores caractéristiques monophoniques et occasionnellement
par superpositions de deux ou plusieurs couches.
Un CD valable, notamment en ce qui concerne la place qu'occupe
la musique électroacoustique américaine au sein
des communautés de musiques électroacoustique et
contemporaine en général. Les disques 4 et 5 sont
également disponibles, le disque 6 devrait paraître
plus tard en 1997.
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Special Edition
There is so much activity going on and
now there is a group of people wanting to do production work
for the CEC; the fruits of which are enclosed with this special
paper edition of Contact!. Bravo to all!!!
DISContact! II
has been reprinted so everyone who missed it the first time around can
get a copy of this 2 cd package of short works from over 50 ea/cm composers.
Check out the ad on page 2 to order your copy.
With all this CD activity, it was thought that this edition would
profile some of the CDs which have come into the CEC's mailbox.
Keep sending them in for review!
Please read the important notice from the CEC's board on page
4. It outlines the present and future direction of the CEC currently
being undertaken on your behalf.
And lastly, I am leaving my positions of editor and administrator
with Contact! and the CEC. I have had a very good three years
but feel it is time to further my schooling in electroacoustics.
I would like to thank everyone who aided me over these years
and hope you welcome Yves Gigon, the new administrator, as warmly
as you did for me.
- Ian Chuprun
September 1997
From the board
The CEC continues to evolve: by nature, by choice and by circumstance.
The brief 10 year history of the organization reflects the commitment,
dedication and energy of its Boards of Directors and Administrators
to the development, growth and recognition of the ea/cm community
in Canada and around the world.
Conference/festivals in Toronto, Banff and Montreal brought together
ea/cm/mst practitioners from across Canada. With the generous
support of the Canada Council, the CEC was able to establish
itself on a secure, well-founded and broadly based foundation.
Radio and CD projects bound the community and presented ea/cm
works to a wider and wider audience.
The internal workings of the CEC have changed: the appearance
of the virtual office, the decreased reliance upon paper for
'presence' of the CEC in members' lives. A decade ago, the Board
members were all from Montreal, in 1997, they live across 8 time
zones. Communications and functioning of the CEC have become
daily events in many peoples' lives. The Board discusses daily;
the Advisory Panel 'meets' frequently; a list created as a service
to the national and international ea/cm/mst community (CECDISCUSS)
has a membership of over 250 from more than 16 countries.
The CEC remains important and viable. Governments and other agencies
prefer to deal with an organization that reflects an identifiable
community: for all those active in ea/cm, the CEC is recognized
as the national representative of the ea/cm community in Canada
(as reflected in the recent CHRC training grant). Such a voice
and presence is even more essential at this time of changing
funding policies for artists and producers.
As reflected by the 97-98 budget, the financial situation is
tight, but stable. Membership remains strong at just under 200,
and the ongoing WWW, CD and pilot radio projects will continue
to reflect the vigor and growing potential of the entire community.
CEC research into creating an independent production group to
work on behalf of the international ea/cm community, and to the
benefit of the CEC is being reviewed. The first tangible fruits
of this labor are contained in this edition of Contact! - PRESENCE, a self-funded
two-CD project that is going out to some 750+ members, organizations
and producers (including over 100 radio stations) interested
and involved in the ea/cm/mst community. Extra copies available
for a minimal charge.
Support of this project supports the work, representations and
presence of the CEC in the national and international community.
The CEC's presence and position is assured by the continuing,
renewed and new support of all members of our community.
Stay tuned and inform others of this important presence on their
behalf.
On behalf of the Board of Directors
Kevin Austin
Secretary to the CEC
Montreal Aug 28, 1997
In Review
After
Some Songs
Joel Chadabe
Deep Listening Publications
A CD review by Kevin Austin
Released by Pauline Oliveros' company, Joel, using a TX-816 and
M software visits some old favorites with Jan Williams,
percussion, and two other performers. Fragmentation of elements
of such standards as My Funny Valentine, In a Sentimental
Mood, There'll Never Be Another You etc provide starting
points for the fun and interest of these 8 short works. Like
new friends taking me to become reacquainted with old friends.
Pleasing and enjoyable all around.
- Kevin Austin, Montréal.
Préludes
à la vie
Michel Chion
empreintes DIGITales
A CD review by Frank Koustrup
Préludes à la vie is a fascinating disc
containing two collections of works from the French composer
Michel Chion. Both pieces are made up of many small sections.
Le Prisonnier du son, composed from 1972 to 1991, is narrative,
a type of radio play starting with a spoken introduction. Many
parts of this long work are decidedly lo-fi and even distorted,
showing the technological age of the work. This is not a bad
thing. Some of the thrashier bits effectively evoke a trapped
sensation. Even though divided into small chunks, the whole composition
feels unified.
24 Préludes à la vie however is a mixed
bag of music. These are preludes leading to the next prelude
to the next to the life at the end of the disc. Most of these
24 preludes are delicious and sometimes mysterious. The textures
and arrangements are gorgeous. But a few pass with little notice,
like moments of staring into space: all except the last are under
three minutes long. I particularly like Éveil,
the sneaking-in-the-dark mood of Le couple, and the scary
monsters of Danse de l'ombre.
Short works have an inherent charm, if for nothing else than
if you don't like a piece, at least it will be over soon. But
rarely do short works become ambient and flow. When strung together,
as they are on this disc, the overall effect of these works is
abrupt and shapeless. The individual compositions become part
of an incoherent mass, a succession of outbursts. Sequencing
music like this is like writing a poem by using only one-syllable
words or like listening to an athlete speak. It is the wrong
medium, the wrong milieu for these pieces. These compositions
would be much more compelling, either a respite for the ears
or a sudden wake-up call, if they were tucked between longer,
more fluid compositions. Or as the title suggests, these works
would be better applied as preludes rather than as a succession
of discrete and often poorly-related units. It is difficult to
pick out pieces that are appealing and avoid ones that aren't
successful.
Nonetheless, I do love this disc. Michel Chion is a master of
texture, and I delight in immersing myself in his subtle, unpredictable
patterns. I appreciate the absurd touches he plants throughout
his works, the crazed voices, the sudden distorted crashes. His
music is wild, jumpy, and then achingly lyrical.
Although this disc is less than ideally arranged, Michel Chion's
music is always rich with gems and a twisted hint of alien humour.
- Frank Koustrup, Montréal.
Sous
le regard d'un soleil noir
Forêt profonde
Francis Dhomont
empreintes DIGITALes
A CD review by Jonty Harrison
The name of Francis Dhomont needs no introduction to members
of CEC or readers of its publications - active in Montréal
as composer and teacher for almost twenty years, he is the `musical
father' of nearly all of the younger generation of Québecois
composers who have made such a mark in the electroacoustic world
in the past decade.
The two CDs under review were released together with a timely
relaunch of empreintes DIGITALes' earlier Dhomont
double album, Mouvances-Métaphores, this time in the format
of two singles, Cycle de l'errance and Les dérives du
signe. Each of the four disks come in the new OPAK box, designed
by empreintes DIGITALes' Artistic Director, Jean-François
Denis, and his graphic artist, Luc Beauchemin. The OPAK box is
made of card, is something like half the weight of the standard
jewel case (making it excellent for shipping) and offers a greater
surface area for art-work (including identification of the disk
on all four `spines' - good for in-store browsing), as well as
permitting substantially more disks and/or documentation in the
package - anything from single CDs with massive booklets to triple
CDs with standard notes can be accommodated. One drawback is
that once the box is damaged or starts to show signs of age and
wear, there is really very little that can be done about it.
We must all have several cracked jewel boxes in our CD collections
but, if we wanted to, we could buy replacements for a modest
sum at any record store - not possible with the OPAK box.
Like part of the earlier double album, the two new CDs form a
cycle, the Cycle des profondeurs, inspired by psychoanalytic
thought. The first piece in the cycle, Sous le regard d'un soleil
noir (Under the Glare of a Dark Sun) is based on texts by British
psychoanalyst R. D. the second, Forêt profonde
(Deep Forest) takes the writings of Bruno Bettelheim as its starting
point; Dhomont states that there is the possibility of a third
work in the cycle, `devoted to the works of Kafka, guided by
the writings of Marthe Robert'. If the quality of the two disks
under review is anything to go by, I wait for this third piece
with great excitement! Sous le regard d'un soleil noir dates
from 1979-81, some of it having been composed in the studios
of the GRM in Paris (the two CDs are produced in collaboration
with INA-GRM); Forêt profonde, according to Dhomont himself,
has `accompanied' him for the last fifteen years, its final production
occupying him for the two years 1994-96.
The first notable feature of both works is their description
as `acousmatic melodramas'. There is a substantial amount of
text in these pieces and, at almost an hour each, the non-French-speaker
might well feel some trepidation about his/her ability to engage
in what Dhomont is offering. Indeed, the composer shares this
concern - at a recent performance of Forêt profonde here
in Birmingham, Dhomont was most anxious that English translations
of the texts should be available, even to the extent of having
quite a high lighting level in the hall by which to read them
during the performance! The sensation of pure sound, however,
is so wonderfully controlled that this is much less of a problem
than one might suppose, and the richness of the works is such
that they will bear many repeated hearings, though additional
levels of meaning will, of course, be revealed by study of the
texts and translations supplied in the very generous booklets.
Sous le regard d'un soleil noir deals with schizophrenia. It
is, like the Laing on which it draws, not about schizophrenia,
but is a kind of analog of it. Not only does the material suggest
a progressive deterioration into the condition (through, for
example, the splitting and distribution of text in `self-trios'
and the like) but even the spatial organisation suggests the
dichotomies and polarisation implicit in the subject matter:
the contrast of very `present' material with highly reverberated
sound and tightly focused, almost mono, sounds being subjected
to sudden, very stereophonic interjections. It is a characteristic
of this piece that such treatments are never simplistic, but
always fresh and constantly redefining themselves always serving
to enhance the `experience' (which, of course, we cannot have)
of another's experience. In doing this, as Jean-Jacques Nattiez
points out in his introduction to the work, Dhomont `constructs
a more general myth through which the `normal' man discovers
his own schizoid traits'.
In Forêt profonde, we may be better able to relate to the
central proposition we have all been children at least, even
if this is only one of the many levels on which the piece operates.
Dhomont's evocation of childhood through fairy tales is potent
dangerous, even to our urbanised sensibilities. What is staggering
about this work, as with so much Dhomont, is the sheer accuracy
of the observation he might be talking about me, my life, my
singular experience; the insight cuts the listener like a knife.
The piece exhibits a masterly and poignant interweaving of the
sounds of childhood (actual? remembered?), an adult's awareness
of the `real' subject matter of fairy tales and documentary references
to the life of Bettelheim, who survived Dachau but committed
suicide in 1990.
Those who know other works by Francis Dhomont will recognise
some fingerprints: the exquisite sound world; the beautifully
executed recordings of real-world sounds; the apparent simplicity,
yet complete appropriateness to the poetic intent, of the studio
transformations (particularly, in these two works, of the voice);
the sense of everything happening at just the right time, the
right speed, the right density; the staggering depth of field,
from infinity to much too close for comfort; the subtle reference,
not only to the real world (but what is really `real' in this
aural evocation of an internal super-reality?), but to a musical
heritage of which he is fully aware, even if his art now extends
beyond this. In Sous le regard d'un soleil noir, this manifests
itself in the insistent B natural (si in French, also meaning
`if') which permeates the work, recalling what the composer calls
`the memory of Wozzeck' (from Berg's `Invention' on this note
in his opera of the same name), and echoing Laing's repetition
of what Nattiez calls `the conditional if[which] becomes obsessive
alliteration'. In Forêt profonde the primary musical reference
is to Schumann. As Dhomont explains, `each of the 13 sections
borrows a brief element, a colour, an atmosphere, from the 13
"Kinderszenen (Scenes from Childhood)"'.
As ever with works by Dhomont, the listener's ear in these two
remarkable pieces is enhanced by the composer he makes us hear
better than we might otherwise. He makes us aware of connections,
of subtle exchanges and interplays; and by contrast, he makes
radically different material sound `right', sound organic and
logical. He holds the listener in a suspension of belief, in
a magical land not unlike the `deep forest' of the imagination,
guided so unusually in this day and age, and so all the more
strikingly by our ears. What Dhomont tells us is true the proof
is the confirmation of aural perception: hearing is believing.
- Jonty Harrison, Birmingham, UK
Presque
rien
Luc Ferrari
INA/GRM
A CD review by Andrew Lewis
Luc Ferrari is one of the big names of the early years of electroacoustic
music, and this CD demonstrates some of the reasons why. The
three pieces of the Presque rien series immediately and compellingly
immerse the listener in a soundscape full of vivid imagery. Presque
rien no 1 le lever du jour au bord de la mer (1970) is based
on a recording of a sea-side village at sunrise, and listening
to it is almost as good as going on vacation. Ferrari has literally
done almost nothing to the recording nothing that is which demands
attention as a composed artifact yet one always senses the creative
presence of the composer, gently coaxing and nudging the raw
material across the dividing line from `sounds' to `music'.
Presque rien numbers 2 and 3 take this process further, the environmental
recordings being allowed to come into contact with more fabricated,
abstract musical material. Yet the wonderment induced by the
sense of `place' is never lost. One is always hearing this music
within a mutable imaginary space which varies from wide open
country to the confines of the composer's (or listener's?) own
head.
All this mastery is in sharp contrast to the relative crudity
of the 1969 multiple tape piece Musique Promenade. The melee
of seemingly arbitrary coincidences of sound, and the grim, documentary
feel of those sounds, induces a sense of anxiety and frustration
which is a world away from the tranquillity and meditation engendered
by the "Presque rien" pieces. Yet rather than detracting
from the CD as a whole, this piece only seems to underline the
remarkable achievement of the other three.
- Andrew Lewis, Bangor, Wales, UK.
Solitude
Trilogy
Glenn Gould
CBC Records/les disques SRC
A CD review by Kevin Austin
Seminal sound documentaries from 1967 The Idea of North, 1969
The Latecomers, and 1977 The Quiet in the Land, this three CD
set is a must-have for anyone interested in ea, acoustic ecology,
hörspiele, radiophonic art, linguistics or even cultural
anthropology. Gould's unique modes of hearing play with text
and context in ways that demonstrate that his Goldberg's were
completely natural extensions of his inner sonic organizing /
differentiating powers.
Program notes in english, french and german: multi-layered and
polysonics by Gould.
- Kevin Austin. Montréal.
Suspended in
Amber
Sarah Peebles
Inova
A CD review by Kevin Austin
Music as timeless as the consciousness of Japanese rock garden,
Suspended in Amber, is a CD of works that have evolved from the
cross-cultural experiences of Sarah Peebles: composer, performer,
source of energy. The four works, expertly presented, Blue Moon
Spirit (solo shô), Tomoé (version 4) (shô,
percussion, noise-makers, sampled sounds), Phoenix Calling (shô,
percussion and tape), Aqua Bubble (ondes martinot, shô,
electroacoustics, toys), wend between improvisation and acoustical
realization of the performers' and composers' inner secret strengths
of body, speech and mind.
Shô chants over delicately interlaced loon, cicada, and
water environmental signatures: templar Japanese percussion counterpoint
frogs and insects: ondes martinot and sampler naturally cohabit
this dynamic, modern occid-oriental, spiritual still-life. Cycles
of the seasons, birth, passage and re-birth transform inner turmoils.
Sounds of grace and peace: music: musics of longditudinal inner
peace where time hath no dominion.
- Kevin Austin, Montréal.
Kaleidos
Stéphane Roy
empreintes DIGITales
A CD review by Andrew Lewis
All too rarely do recordings appear which present a convincing
argument for the value of acousmatic music, but this CD from
Stéphane Roy does just that, and with no shortage of eloquence.
This is acousmatic art in its purest, highest form. There is
a fluidity and mobility in the control and shaping of material
which reveals a truly sculptural approach to sound sound as a
plastic medium. One immediately notices the careful attention
to detail in this music, yet it is never over-controlled. There
is always a sense of real joy, of reveling in the beauty of the
sounds for their own sake. This is music which is immediately
attractive on first hearing (perhaps because of the strong pitch
content), but also promises that closer listening will yield
yet greater rewards. What comes over very strongly in all the
pieces featured is that the composer is not simply manipulating
material as if it were inanimate matter. Instead, the sounds
really are made to live and breathe, as if they themselves possess
an intelligence, and exhibit particular behaviors in direct response
to their sonic environment.
All the pieces on this CD share common stylistic attributes,
in particular a characteristic use of the re-enveloping of sounds,
both in intensity and in pitch. The earlier works Ondes/arborescences
and Paysages intérieurs share a vitality which at times
can be overwhelming, but at the same time is always clearly under
control, while Mimetismo achieves with apparent effortlessness
the difficult task of carrying such a strongly acousmatic language
over into the live instrumental domain, and in such a way that
guitar and tape really do act as one (something often claimed
for other pieces, but rarely with real justification).
An important point is that these works exhibit not just artistry,
but craftsmanship too, something indispensable in the acousmatic
domain, since the composer not only conceives the music, but
also makes it. In the final piece, Crystal Music, this craftsmanship
is take to new heights, with its exquisitely controlled explorations
of quiet but intensely active shards of sound. In effect, the
sense of craft becomes itself part of the artistic experience.
We need more such music.
- Andrew Lewis, Bangor, Wales, UK.
Ivan Tcherepnin
Ivan Tcherepnin
Composers Recordings Inc
A CD review by Frank Koustrup
This is a disc of live instrumentals composed by Ivan Tcherepnin,
the present director of the Electronic Music Studio at Harvard
University. An active performer, he has worked with Merce Cunningham
and Yo Yo Ma. His brother, Serge Tcherepnin, is the inventor
of the Serge Synthesizer, an instrument that Ivan plays on this
disc.
The music on this disc gently spins. It has strong minimalist
and pentatonic influences but never sounds mechanical and doesn't
annoy the way Philip Glass can. It is perfect listening for a
Sunday afternoon spent dozing to recover from a flu.
These are chamber pieces for an eclectic variety of acoustic
instruments and electronic treatments. Ivan Tcherepnin himself
performs on all of the pieces. He takes turns on psaltery, organ,
santur, Serge synthesizer and processors. Often the processing
sounds dated, the pieces being performed from the late seventies
to the `present'. The echoes and filters are juicily analog and
right for their time but sound a little heavy-handed today.
The packaging for the disc is simple and informative. The producers
have included complete notes in English, French and German.
- Frank Koustrup, Montréal.
Jeux
pour l'oreille: Hörspiele 2
La Muse en circuit
A CD review by Kevin Austin
More blurred borders. Ever wondered what happened to Text-Sound
Composition? The grandchild is alive and well in Hörspiele
(literaly radio play, with puns intended throughout). The works
range from:
the emotionaly direct (if not somewhat neurotic) Le temps est
un songe masqué (overture to a fake mystery) by Erik Mikael
Karlsson and (text by) Frederik Ekman;
to personal sonic collage postcards of childhood times lost,
11, avenue du Midi by Nicolas Verin;
to personal sonic film/video (melo-)drama miniatures, the 5 petites
compositions familiales by Dominique Petitgand;
to Alessandro Solbiati's layered voice text-sound collage Inno;
to the quite pure, evocative ea (acousmatic) composition Bercuse
de quatre saisons (enshrouded with voluminous reverb) by Miao-Wen
Wang.
Most of the works share the common features of the importance
of text or words (5), environmental sounds (5), about twelve
minute duration (5), a rather naive use of lots of reverb (5
- 6), sectional structures (5), minimaly processed sounds (5),
greater concern with with communications and directness of meaning
and message than sonic exploration per se.
A quite enjoyable change from unrelenting sonic exploration and
ingnoring of logogenic roots in our arts.
- Kevin Austin, Montréal.
Pendler
A CD review by Kevin Austin
A 2-CD set of 12 ea works based upon materials collected around
the Copenhagen train station. Pendler = commuter.
A Different Train on Every Track
The most famous (but poorly recognized) pun in the field of ea
is the multi-layered question: What opera is like a railway?
(See below.) Trains have fascinated sound composers and other
children alike for more than 150 years. The noise, the escape,
the excitement, the motion: from Julian Tuwim's evocative children's
poem, Lokomotywa, to Pierre Schaeffer's first 1948 musique concrète
study, "the" Étude aux chemins de fer, the clatter,
bang, wheeze, snarl and wish, transport and transform immediately.
Jørgen Teller's realization of this project may come to
be seen as the kind of turning point that the 1990 empreintes
DIGITALes CD, Électro-Clips, has become. The styles and
languages of traditional composers have yielded fruits through
the pollination of analysis because it is possible to observe
and codify the nature and types of transformation applied to
materials and ideas common within the accepted language.
Jean-François Denis' realization of the Électro-clip
project allows the comparison of style and idea because all of
the composers start from the same basic point: a three-minute
composition.
Jørgen takes this a few steps further. Each of the 12
composers was provided with similar materials drawn from DAT
recordings of a commuter's train journey, a (roughly) 12 minute
limit, and a proposed `two-days' in the studio. The results are
quite fascinating because of the similarities and differences
which are part of the fabric. Given the not inconsiderable time
constraints, it is not at all unusual to note that most pieces
were amply structured around expansive layers, and generously
broad sections.
Francis Dhomont's Cph Pendler Music is broadly laid out in large
layered gestures. His 12 minute 31 second soundscape portrayal
exhibits his sophistication in processing, editing, layering
and mixing. Interestingly, no direct sounds from or of people
are present as surface features.
Otomo Yashid's Kiseru-Copenhagen to Shinjuku adopts an often
sparse style of rapid cuts and collage techniques, also apparently
with synthetic sounds added to those provided by the organizers.
Characteristic of the `son vérité' approach, the
sounds are cut abruptly at exactly 12 minutes.
9/10 by Jakob Brandt is a broadly conceived, largely subdued,
diffuse digital collage. The Pierre Schaeffer homage is gently
hidden away inside the widely evolving `quasi-dancebeat-like'
middle-end section. There is also a cutsie `number 9' in-joke
not to be missed.
Rueglo from France plays the Schaeffer card with loops and cut-ups.
Containing many non-transforming sampled bits, while knowledge
of the sources helps `identify' them, they appear in a musical
texture within which the obscurity of the original is of almost
no consequence. The middle and end sections work themselves out
over a 96 bpm `drum-pattern', and mid-upper register melodic
ostinato fragment. The dance-beat decays during the last section,
with the `return to reality' occuring during the final minute.
P O Jørgens' Third Stone from Platform Seven is a member
of the broad semi-digital, mildly layered, collage-type pieces.
The selection of sounds and the flowing between their representational
and `sonic' aspects help in the clarification and identification
of this work. (The middle section is based on a 110 bpm bed.)
The last track on the first CD is by one of the CD project's
originators, Jørgen Teller, 14 trax and a hut. A characteristic
feature of this work is Jørgen's `inner hearing' of sounds
and their highlighting and presentation, independent of their
source and functional meaning. He is clearly hypnotized by the
tracks flowing beneath.
CD II begins with the other of the project's originators, Per
Buhn Acs. Pendul starts from the concrete sounds and through
broad layered, slowly transforms into sonic texture, collage
elements being sprinkled within: loops, hints of the rhythm tracks,
loosely bounded sections, returning to the concrete.
Trample under-Subconscious contains mixed concrete and transformed
sounds, disembodied from their contexts. Yasuhiro Otani creates
broadly detailed working-out of possible directions: collages
of carefully selected, edited and transformed objects multiple
types of transformations. But how to make it hold together? Fragments
sit adjacent, coexist, evolve and dissolve, as indicated by the
title.
Semi-industrial garage-band rock is the order of the day with
Butthead's Stay Put. The four, three-minute sections use the
provided sounds as bed-tracks for further addition: grunge-guitar,
screamed lyrics etc may draw the attention from the (pop) rock
experimental underground. A good bridge.
At 128 bpm, the drum tracks here fit the groove that has been
building over these two CDs. With only occasional hints of the
source materials provided, Dr Mengelhouse's Noodlesoup reflects
that place where `sound' is subjugated to pitch and rhythm. Simple
drum machine and sequenced bass tracks may get this track fairly
wide air-play at cross-over stations.
And Routine Rumble by Anton Ignorant, ups the bpm to 130. Starting
from the concrete, the cut to a pulsing ostinato drone at 2:15
signals the start of the dance-influenced middle section through
which hints of concrete elements drift. With the drone fading
at 10:00, the quasi-arc structure disappears into the distance
at 12:39.
The `Commuter's Dream', Pendlerdrøm, by Barry Truax starts
(serendipitously) with the same sounds that terminate the previous
track. The composer's psychological intention appears in the
form of: station -> train -> time-processed transformational
section (sound transforms become more important than source;
the parallel tonal music relationship is modulation to the dominant:
the second subject) -> long breathed time-expanded sounds,
return to source materials -> digital granular / resonance
/ vocoder-type processes (quite beautiful) -> back to reality.
(A rondo form almost.)
A highly recommended CD for the listener, broadcaster, teacher,
student and concert organizer. These steel-horse stylistic studies
are a fine Omaggio (hint) to their common father, Pierre Schaeffer,
and I feel sure that he would be surprised and proud by the quality
and diversity of the productions.
The CDs major problem is the lack of program notes, due, if I
understand correctly, to a budgetary shortfall. Maybe they will
be able to be posted to the WWW to ease distribution.
In Chapter 7 of Joyce's Ulysses (Aeolus - God of the Winds) the
question is asked: "What opera is like a railway?"
The answer being `The Rose of Castille' (Rows of cast steel),
which appears in Berio's Omaggio, the text of which is drawn
from Chapter 11.
- Kevin Austin, Montréal
97 - vi/viii
Music from SEAMUS
3
SEAMUS
A CD review by Kevin Austin
SEAMUS, the Society for Electro-acoustic Music in the United
States has an annual conference at which close to 100 works are
presented. Delegates vote for the works they would like to see
included on the CD that is produced. Music from SEAMUS 3 contains
the eight works selected from the 1994 conference.
Larry Nelson's Order and Alliance (1991, 11:00) for piano and
tape is a seriously virtuose showcase. The tape part contains
sounds drawn from the fm family, often with apparent simulation
of ring-modulated resonances. The post-Mantra-esque / Chopin-esque
qualities are the most easily identified of the hints of historical
features lightly dispersed throughout. The tape part dances around
the piano, as backdrop, instigator, playful companion, wistful
Tristan-ian soulful mate. In this virtual ballet piece, in construction
and execution, nothing stays for long the child-piano and Papillon-computer
flying around the continuously evolving sonic garden.
Counterpoints for saxophone, tape and live processing (1992,
8:42) is, as the composer Scott Wyatt writes, " a virtuosic
pitch-oriented work." Another performer's showcase, the
electronics (broadly fm in quality) play the multiple roles of
counterpoint in western european music, of creating a wide range
of textural relationships and partnerships. The live electronic
component in this broadly sectional work is mostly from the echo/reverb/delay/pitch-shift
families of live processing.
The work for piano/sampler/disklavier, Triple Play (1992, 5:42)
is a foray through Nancarrow-inspired, extended minimalist, neo-tonicality
/ modality, by the composer, Joseph Koykkar. The sonic shimmerings
wrought through 1/8 tone tunings often add surface honky-tonk
qualities. Highly rhythmic in conception and execution, the extended
sections are mostly built over tonic-pedal, and articulated drones,
often scatterd through many registers.
For tape alone, In Mosaic (1992, 10:00) by Joseph Anderson is
a monochromatic study of pixelated text. In three clear sections,
created in Csound on a NeXT computer workstation, the four /
two / four minute sections arch in a static gestural quality
that one would expect from a mosaic. While not designed for multi-channel
sound projection, the sometimes very dense textures could be
illuminated by spatial dispersion.
The Latin-American mood inspired romp by Charles Mason, The Blazing
Macaw (1992, 8:17) for piano and tape, is titled because of the
`parroting' between the piano and tape. A simple division, additive-meter
type pulse (quarter = 68), highlights the composer's intentions
and the lightness is rendered in the repeated upward ascending
arpeggiation figures which constitute the majority of the work's
surface features. (The tape part pulsing figurations re largely
from the `stock fm staccato percussion' family of sounds that
seem to figure in a number of the pieces.)
And Steve Beck's Love's Not Time's Fool (1992, 8:08) is an exception.
This, the " composer's first improvisation-based work"
explores "interactions between perfomer and computer, alternating
between complete synchronization and randomly long delays."
The sounds from Yamaha TX802 (fm modules again) are generated
in response to a wind controler and the software. Playing styles
and techniques with wind-controlers encourage suddenly changing
qualities, articulations and spectral characteristics.
Percussion and tape is a time-honored ea tradition and Eric D
Chasslow's brief Fast Forward (1988, 6:30) attempts to blend
two percussionists and tape into an "impossible" ensemble.
Away from the post-minimalist tradition that is found elsewhere,
this piece retains rhythmic flexibility in the melding of fm-esque
percussion and spectral events with the live performers.
Exploration of the object another time-honored tradition in ea
is the focus of Paul Koonce's tape composition, Whitewash (1992,
9:04), derived from three piano-originated sounds, processed
and re-processed through CMUSIC running on a NeXT. The structural
imperatives are dramatic in nature with the somewhat distinct
original sources being progressively transformed through broadly
evolving gestural approaches into sounds of greater commonality.
Textures are largely of the `chamber music' variety, for while
the individual elements are complex in genesis and transformation,
the work primarily retains the clear nature reachable largely
only by monophonic and occasional two (or more) layers of characteristic
sonic elements.
A CD well looking into with regards another view of where United
States electro-acoustic music fits within the more general electroacoustic,
and contemporary music communities. CDs 4 and 5 are also available,
with CD 6 due later in 1997.
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