Incredibly
Soft Sounds est un projet
de commissaire qui a été accueilli du 8 janvier
au 7 février 1998 à la Galerie 101, un centre d'artistes
autogéré à Ottawa (Canada). Présenté
sous la forme d'une exposition de groupe, l'événement
a réuni, à partir d'un appel de projets, 12 artistes
oeuvrant dans le domaine de l'installation audio.
Le thème suggéré par Incredibly Soft Sounds,
qui se traduit simplement par des sons extrêmement doux,
invitait les artistes à explorer un art sonore à
la limite de l'audible, en référence à des
notions aussi diverses que le lointain, le minuscule, le privé
et le secret, l'intime et le fragile.
C'est par opposition à des modes de vie qui incitent à
une écoute superficielle, où la musique sert de
fond sonore aux activités les plus diverses, que l'exposition
Incredibly Soft Sounds a pu susciter la curiosité du public
et l'emmener à porter attention à des environnements
sonores habituellement ignorés.
Les artistes ont répondu à l'appel de projets de
différentes façons, ce qui souleva des interprétations
du thème de l'exposition en évoquant des espaces
tantôt lointains, tantôt intimes, voire situés
à l'intérieur même du corps. Brandon Labelle,
avec l'oeuvre aroseisaroseisarose , rêve au son qu'aurait
sa voix si l'on pouvait l'entendre de l'intérieur de la
bouche plutôt que de l'extérieur: le résultat
est une voix dont les attributs mettent l'emphase davantage sur
le tactile et le viscéral que sur le linguistique. Les
sons exposés par Christof Migone (Crackers) et Terence
Dick (Ear to ear to hear) , de par leur situation à l'intérieur
du corps de l'auditeur, explorent l'intimité à
travers l'expérience somatique. Dans les sensations de
cet ordre-ci, la distinction entre l'ouïe et le toucher
disparaît. Encore plus profondément à l'intérieur
du corps, Belief de Sandra Szasz questionne la double nature
de la pensée - silencieuse, mais néanmoins un phénomène
essentiellement vocal.
Ce souci du corps prend une autre forme sous la main de Carl
Stewart, dont Promise démontre l'effet de technologies
et pratiques nouvelles dans le domaine de la sexualité,
notamment la remise en question des distinctions entre ses aspects
privé et public.
Parmi les artistes qui ont choisi de représenter des espaces
extérieurs, bon nombre s'en tiennent à l'environnement
immédiat. Chez Ian Cauthery et Noreen Battaglia, l'environnement
immédiat, c'est l'espace domestique. Remaking Stitches
de Battaglia suscite un mélange de sentiments contradictoires,
tandis que la contemplation de Cauthery sur l'eau et l'air (Domestic
Elements) conserve une économie de moyens pour en arriver
à un résultat expressioniste et évocatif.
Le commentaire sur l'immédiat que fait Terry Piercey (Duet
for Eastern Standard Time) se sert de la recontextualisation
d'un cliché acoustique.
Les autres artistes de l'exposition - Claude et Jeannine Schryer,
Michael Drew Campbell, et Eric la Casa, ont introduit dans l'espace
d'exposition des rassemblements de paysages sonores qui sont
normalement lointains autant les uns des autres que de l'environnement
qui les reçoit. Pour Campbell (pause) , c'est l'insertion
d'un souvenir lointain dans un espace intime, par exemple une
sacoche ou une valise. Sensations d'arbre , de Claude Schryer
et Jeannine Schryer, est une méditation sur les arbres
formée de la juxtaposition variée et mouvante de
paysages sonores intimes et fragiles qui évoquent le lointain
tout en conservant les détails les plus infimes. C'est
une autre vision de la distance et de la mémoire que nous
propose Eric la Casa avec Clepsydre , un dialogue entre deux
sons, un qui est présent, précis et éphémère,
et un autre formé de réminiscences résonantes
venues d'ailleurs.
En parallèle à cet événement, la
galerie a proposé deux concerts de musique extrêmement
douce: Minimum volume 1 le 16 janvier et Minimum volume 2 le
30 janvier. |
Incredibly
Soft Sounds was a
curatorial project at Gallery 101, an artist-run centre in Ottawa,
Canada. It took the form of a group exhibition of audio art projects
solicited from an open call for submissions. The theme of "incredibly
soft sounds" suggests audio art and music exploring the
barely audible, the very small, the minute detail, the distant,
the private, the personal, the fragile, the secret, the interior.
The project was proposed as a means to offer visitors the opportunity
to listen more closely to otherwise ignored elements of the sound
environment. "Listening" in our culture is constructed
primarily as an accompaniment to other activities: one might
turn on the radio to cook, clean house, do the dishes; one may
play a tape while driving to work; a CD might accompany the reading
of a book. Incredibly Soft Sounds presented
sound environments that are so quiet as to necessitate that the
listener stop everything else they are doing in order to hear
anything at all. The gallery space was an ideal venue for the
project in that it offered a controlled listening environment
and an accessible exhibition space.
Artists responded to the call for works in a number of different
ways, interpreting the theme of the show by creating spaces which
were either very distant, very intimate, or situated within the
body itself. Brandon Labelle's aroseisaroseisarose muses
on what the sound of his voice might sound like if heard from
the inside rather than the outside: the result is a voice whose
characteristics emphasize the tactile and visceral rather than
the linguistic. Works such as Cracker by Christof
Migone and Ear to ear to hear by Terence Dick
also expose sounds that are rarely shared because they occur
within the listener's own body, and are thus private and interior.
Hearing and feeling are inseparable in sensations such as these.
Still deeper within the body, Sandra Szasz's Belief explores
the double nature of thought as a silent, but nevertheless essentially
aural experience.
The preoccupation with the body is taken up from a different
angle by Carl Stewart, whose Promise demonstrates
that the distinction between private and public is blurred by
technologies and practices which mediate, re-interpret, and re-define
sexual relations.
Many of the exterior spaces portrayed in Incredibly Soft Sounds
explore the artist's immediate sound space. For Ian Cauthery
and Noreen Battaglia, this is the domestic space. Battaglia's
Remaking Stitches is highly suggestive of an
emotional ambivalence, while Cauthery's contemplation on the
elements of water and air (Domestic Elements) uses
a sparsity of means to yield an expressionistic and evocative
result. Terry Piercey's expression of immediacy is achieved through
the recontextualisation of an acoustic cliché in Duet
for Eastern Standard Time.
For Claude and Jeannine Schryer, Michael Drew Campbell, and Eric
la Casa, the exhibition is about populating the gallery space
with a selection of soundscapes which were originally distant
from each other, as well as from the listening environment which
receives them. Thus, into this intimate listening environment,
which for Campbell could be the listener's back pocket or handbag,
is introduced a faint reminder from far away (pause).
Claude Schryer's meditation on trees is a prolific and constantly
shifting juxtaposition of fragile, intimate spaces which, like
Jeannine Schryer's accompanying paintings, evoke the distant
while preserving the minutely detailed in sensations d'arbre .
Eric la Casa explores distance and memory as well in Clepsydre ,
a dialogue between a precise and fleeting sound from here and
now and the distant and ambient echoes of sounds from elsewhere.
In addition to the installation which ran from January 8 until
February 7 1998, the Gallery presented two concerts in conjunction
with this event: Minimum volume 1 on January
16, and Minimum volume 2 on January 30. |
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C'était après mon arrivée
à Boston que je suis entré dans la chambre anéchoique
de l'Université Harvard. Tout le monde qui me connait
a entendu cette histoire; je n'arrête pas de la raconter.
De toute façon, dans cette chambre supposément
silencieuse j'ai entendu deux sons: l'un très aigu, l'autre
très grave. Plus tard, j'ai trouvé l'ingénieur
en charge pour lui demander pourquoi, si la chambre était
si silencieuse, j'avais entendu ces deux sons. Il m'a demandé
de les décrire, ce que j'ai fait. Il m'a expliqué
que le son aigu était mon système nerveux en opération,
et que le son grave était mon sang en circulation.
John Cage
de Indeterminacy, 1959
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It was
after I got to Boston that I went into the anechoic chamber at
Harvard University. Anybody who knows me knows this story; I
am constantly telling it. Anyway, in that silent room I heard
two sounds: one high, and one low. Afterward I asked the engineer
in charge why, if the room was so silent, I had heard two sounds.
He said, describe them. I did. He said, the high one was your
nervous system in operation. The low one was your blood in circulation.
John Cage
from Indeterminacy, 1959 |
Noreen Battaglia - Remaking Stitches
"Lorsque la journée est terminée et que toutes
les obligations sont enfin derrière soi, le silence apparaît
alors comme le son le plus étonnant. Mais même dans
cette ambiance tranquille, corps et esprit continuent de frémir
imperceptiblement pendant un certain temps, pour enfin trouver
le repos. La pièce Remaking Stitches médite sur
l'espace et le mélange des émotions issus d'une
situation aigre-douce et claustrophobe. " N.B.
Noreen Battaglia est diplômée du Nova Scotia College
of Art and Design depuis 1992. Artiste multimédia dont
la démarche met l'accent sur la place des femmes dans
l'espace domestique, Battaglia privilégie un travail avec
les fibres textiles. Elle a produit des oeuvres sonores pour
radio, vidéo informatique, installation multimédia
et dessin animé. Durant l'été 1996 à
Halifax, elle agissait à titre de commissaire pour l'exposition
On my way home I was thinking, women employed by children .
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Noreen
Battaglia - Remaking Stitches
When the day is done and everything is safely put to rest, the
most amazing sound is absolute silence. But even in that stillness
the mind and body continue restlessly for awhile until all the
internal bits settle. This piece is a meditation about space
and the emotive combination of a bittersweet and claustrophobic
situation.
Noreen Battaglia is a multimedia artist with an affinity for
textiles. Graduated from the Nova Scotia College of Art and Design
in 1992. Produced sound pieces for radio, computer video, mixed
media installation and film animation. Acknowledging women's
position as individuals within the domestic space is an important
element in her work. In the summer of 1996, in Halifax, she curated
On my way home I was thinking, women employed by children.
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m.d. campbell - pause
"Cette oeuvre explore les notions de technologie et de refuge.
En appuyant sur la touche "play ", on déclenche
les sons enregistrés sur trois calepins numériques
qui, tels des oeuvres portatives et personnelles, peuvent être
écoutés au moment de son choix. " m.d. c.
Les installations de m.d. campbell sont d'inspiration utopique
et traitent d'environnements urbains et naturels. Son travail,
qui mélange sons et images bi et tridimensionnelles, s'inspire
d'espaces de banlieue tels que des parcs de loisirs et piscines.
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m.d. campbell
- pause
Technology and sanctuary are explored in this audio piece.
Pressing "play" reveals the recordings which are stored
on these three memo pads.
I see these works as portable and personal. They can be pulled
out and placed to the ear at stressful or private moments, at
a coffee break, on the street, in elevators, bank machine lines.
Mike Campbell works with utopian-inspired installations that
deal with urban and natural environments. He has assembled exhibits
that mix 2'D and 3'D images with sound that reference recreational
sites, such as suburban parkettes and indoor wave pools.
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Ian Cauthery
- Domestic Elements
"Depuis que je me suis joint au nombre croissant de travailleurs
autonomes ayant un bureau à domicile, j'ai progressivement
pris conscience du potentiel artistique de l'espace domestique.
Alors que mon travail antérieur représentait des
éléments domestiques par le biais du dessin et
du texte, le temps passé à la maison m'a amené
à être beaucoup plus attentif à la réalité
sonore de cet environnement. Avec l'oeuvre Domestic Elements
j'espère impliquer le public dans un processus de réévaluation
esthétique du son et de l'espace domestique, basé
sur la valeur symbolique du paysage sonore de nos domiciles.
" I. C.
Après un séjour de deux ans en Nouvelle-Écosse,
Ian Cauthery est revenu vivre en Ontario, sa province d'origine.
Diplômé en dessin et en estampe de l'Université
de Guelph, il termine présentement un doctorat en infographie
au Collège Sheridan à Oakville.
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Ian Cauthery - Domestic Elements
Being one of the many workers who now primarily operate out of
a home office, I have been slowly becoming aware of the artistic
potential of the domestic space. My previous work has involved
drawn and textual representations of the elements. The time I
have spent at home has alowed me to really listen to my surroundings.
The piece will, I hope, stimulate visitors to rethink sound and
the domestic space and realize that our homes are fraught with
aural metaphors.
Originally from Ontario, Ian Cauthery recently returned from
two years in Nova Scotia. He graduated from the University of
Guelph in drawing and print-making, and is currently pursuing
a post-graduate computer graphics course at Sheridan College
in Oakville.
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Terence
Dick - Ear to ear to hear
"Alors que je préparais mon dossier pour l'appel
de projets de Incredibly Soft Sounds , j'ai réalisé
ma propre difficulté à entendre les sons incroyablement
doux, due au bruit des acouphènes qui occupe déjà
mon silence. Après de trop nombreuses soirées passées
tout à côté des haut-parleurs crachant à
plein volume, je dois maintenant vivre avec la constante présence
d'un léger tintement dans mon oreille. Bien qu'issu de
l'intérieur même de mon oreille, ce son persistant
qui n'a ni source ni direction, peut tout de même être
affecté par des causes externes telless que les bruits
forts, la fatigue, la consommation d'alcool ou de caféine.
Je me demande parfois si le tintement est réel ou s'il
n'est que le fruit de mon imagination, ou encore le vestige d'un
souvenir. Ce son me rappelle d'ailleurs toute la musique déjà
écoutée et m'alerte de la possibilité de
ne plus pouvoir entendre. Ear to ear to hear tente d'amener l'auditeur
dans le monde sonore de l'artiste. " T. D.
Terence Dick a passé une grande partie de sa jeunesse
à écouter de la musique. C'est en 1995 qu'il se
décide à en faire et forme le duo de DJ "the
rust brothers ", qui se consacre à l'improvisation
expérimentale. Le duo anime aussi une émission
hebdomadaire à la radio communautaire CIUT à Toronto
et travaille en collaboration avec des musiciens de free jazz,
hiphop et punk hardcore ainsi qu'avec des poètes. Il a
signé plusieurs cassettes et un CD à tirage limité.
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Terence Dick - Ear to ear to hear
In considering what would be an appropriate submission for Incredibly
Soft Sounds, I soon realized that any such piece would be frustrated
by the constant buzz that already fills my silence. Too many
years of standing too close to extremely loud speakers has left
me with tinnitus. When all is quiet, I hear a faint ringing tone
in my ear. The sound is persistent yet sourceless and unlocatable.
It is generated within my ear yet aggravated by outside causes
(loud noise, caffeine, alcohol, exhaustion). I sometimes question
whether it is there at all or whether I am merely imagining it
or remembering it. It is a reminder of all the music I have heard
and a warning about the possibility of not hearing any more.
Ear to ear to hear is an attempt to bring the listener into
the artist's sound world.
Terence Dick spent most of his youth listening to music rather
than making it. In 1995, he began performing as one half of the
rust brothers, an experimental and improvisatory DJ team. They
do a weekly show on CIUT in Toronto and collaborate with musicians
in such varied fields as free jazz, hiphop, hardcore punk and
spoken word. They have released many cassettes and one limited
edition CD.
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Que l'on veuille ou pas, les sons
(qu'on appelle silence seulement parce qu'ils ne font pas partie
d'une intention musicale) continueront d'exister. Le monde en
regorge, au point de ne jamais s'en libérer. De toute
évidence, les sons seront là tant qu'il y aura
des oreilles pour entendre.
Biba Kopf, citant John Cage
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Sounds (which are called silence
only because they do not form part of a musical intention) may
be depended upon to exist. The world teems with them, and is,
in fact, at no point free of them. There are, demonstrably, sounds
to be heard and forever, given ears to hear.
Biba Kopf quoting John Cage
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Brandon
Labelle - aroseisaroseisarose
"Pour réaliser cet enregistrement, j'ai placé
un petit microphone à l'intérieur de ma bouche
et répété la phrase "a rose is a rose
is a rose" pendant environ cinq minutes, ou jusqu'à
ce que la phrase ne soit plus qu'un rythme murmuré. Dans
la pièce aroseisaroseisarose j'ai mis l'accent sur le
langage en tant que son et les mots en tant que porteurs de désir,
vaisseaux sonores qui tentent d'exprimer plus que ce dont il
sont capables. La pièce vise à mettre le spectateur
/ auditeur en relation avec la résonance phonique des
mots plutôt que leur acception lexicale, la signification
de la phrase cédant ici la place à une compréhension
purement sonore. La phrase "a rose is a rose is a rose",
de l'auteure Gertrude Stein, cherche à dépasser
la métaphore et à montrer le langage comme matière
première sans référence extralinguistique.
La phrase, écrite par Stein au-dessus du lit qu'elle partageait
avec Alice B. Toklas, offre aussi une interprétation romantique,
la rose étant le symbole poétique par excellence
de l'amour. Pour Stein, a rose is a rose is a rose réécrit
l'allégorie et l'expérience romantiques, recouvrant
ainsi la rose de la métaphore, et exprimant par là
quelque chose d'intime qui laisse résonner l'intérieur
même de son corps. " B. L.
Brandon Labelle est artiste, écrivain et musicien établit
à Los Angeles. Son plus récent travail met l'accent
sur des installations sonores qui visent à utiliser le
lieu physique de l'exposition comme un instrument de musique.
Il est aussi batteur dans les groupes "Farflung" et
"Purse", et pour le projet sonore "id battery".
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Brandon Labelle - aroseisaroseisarose
To make this recording I placed a small microphone inside my
mouth and said the phrase "a rose is a rose is a rose..."
for roughly five minutes. During this process it became increasingly
difficult to articulate the words until by the end all I could
do was hum the rhythm of the phrase.
For this piece, I am interested in emphasizing language as sound
and words as carriers of desire, as tonal vessels which attempt
to convey more than they can. I want the viewer/listener to be
brought into a relationship with words whereby meaning shifts
from a lexiconic signification to a phonic resonance - the meaning
of the phrase breaks down to a purely tonal understanding. The
phrase "a rose is a rose is a rose..." was originally
written by Gertrude Stein in an attempt to speak outside of metaphor,
to emphasize the materiality of language without it referring
to things outside of itself. There is also a hidden romanticism
in the phrase (she wrote it in a circle above her and Alice's
bed) the rose being the quintessential poetic image of love.
For Gertrude "a rose is a rose is a rose..." rewrites
romantic imagery, as well as romantic experience, by recovering
the rose from metaphor. And through this recovery, to say something
intimate to allow the interior of one's own being to resonate.
Brandon Labelle is an artist, writer and musician living in Los
Angeles. His visual work over the past year has focused primarily
on sound installation and aims to utilize the gallery space as
an instrument. He also plays drums for the bands Farflung and
Purse, as well as a sound project called id battery.
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Eric La
Casa - Clepsydre
"Ce projet, comme toutes mes autres oeuvres, s'inscrit dans
une recherche sur la Réalité. Clepsydre privilégie
la question du Temps et des temps en cherchant à insuffler
l'Ailleurs de l'eau et du vent dans le partout et l'anodin. L'installation
juxtapose aux compteurs électriques, à leur métrique
stricte liée à la modernité et au travail,
des rythmes ancestraux issus de la nature. Ainsi, tout en développant
la réalité vibratoire de ces deux temps, le dispositif
insiste sur la dimension essentielle de l'être humain et
de la vie: l'éphémère.
Eric La Casa est compositeur (électroacoustique), plasticien
sonore (installation), et producteur radiophonique (ACR-France
Culture). De 1989 à 1998, il a été directeur
de l'étiquette "La légende des voix"
(musique expérimentale), et est présentement journaliste
à la revue "Revue et Corrigée" (musiques
d'aujourd'hui).
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Eric La Casa - Clepsydre
Clepsydre, like my other works, is an investigation into reality.
Notions of time and meter are important in this piece, which
seeks to insufflate the distant into the immediate and the mundane.
The installation juxtaposes the clockwork sound of electricity
meters and their connotations of modern life and work, with ancient
rhythms defined by natural processes. Through the vibrations
of these two contrasting rhythms, the work stresses the essential
dimension of humanity and of life: the ephemeral.
Eric La Casa is a composer (electroacoustics), sound plastician
(installation), and radio producer (ACR-France Culture). From
1989-98, he was the director of the experimental Paris-based
record label La Légende des Voix. He is also a journalist
for the new music publication Revue et Corrigée.
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Christof
Migone - Crackers
"Faites-vous craquer vos doigts? votre cou? vos genoux?
vos coudes? vos chevilles? vos hanches? vos... Un craquement
de jointure a lieu là où les os articulent une
tension. Les Crackers sont des gens qui, de manière compulsive,
désirent se défaire de ces tensions. Le son du
craquement suscite chez certains, la grimace, chez d'autres,
une sensation de soulagement. Quoi qu'il en soit, le craquement
indique une cassure, un événement corporel imprévu,
un ostéo-montage, une cassure cassée. Je remercie
Tim Dallett et tous les Crackers : Justine Akman, Tony Daye,
Marguerite Dehler, Sarah Dobbin, Vera Greenwood, Germaine Koh,
Louise Levergneux, Michael Sutton. Les enregistrements pour Crackers
ont été effectués dans le cadre d'une résidence
à la Galerie 101 au mois d'octobre 1997. La bande sonore
a été réalisée aux studios AVATAR
à Québec, et le vidéo a été
produit dans le studio de l'artiste.
Christof Migone a un corps radiophonique, presque invisible.
Il chante faux et murmure ses obsessions en performances intimes
et travaux durs d'oreille. Il aspire des micros. Il se compacte
en disque. Il se débrouille les pistes. Il prend des photos
invisibles. Il s'inonde dans des sceaux d'eau et de miel. Il
se bruite dans des solitudes, des duos, des trios, des quatuors,
des exponentiels télématiques. Il est un Avatar
de Québec. Il se craque tout et le plus possible. Il est
en maîtrise d'une maîtrise. Le savon dans la bouche.
N'empêche que ses mots favoris restent imbattables : "torticolis
et coquelicots." C. M.
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Christof Migone - Crackers
Do you crack your fingers? your neck? your back? your knees?
your elbows? your ankles? your hips? your...? A cracking joint
is the locale where bones articulate a tension. Crackers are
compulsive about the release of that tension. As the sound of
the cracks echo, some wince, others feel relief. In all instances,
a crack is when and where something breaks, a crack is a body
nonsequitur, a cracker is a bone edit, a cracker is a broken
break.
Thanks to Tim Dallett and to all the Crackers: Justine Akman,
Tony Daye, Marguerite Dehler, Sarah Dobbin, Vera Greenwood, Germaine
Koh, Louise Levergneux, Micheal Sutton. The Cracker recordings
were done as part of a residency at Gallery 101 which took place
in October 1997. The audio material was produced at AVATAR in
Québec City and the video was done at home.
Christof Migone has a radio body, almost invisible. Migone heads
the Centre for Radiotelecommunication Contortions (CRTC) where
he hems, hums & haws with abandon. His research for the CRTC
primarily focuses on voices; voices which are radiated, electrocuted,
fondled, vexed, whispered, transpired, articulated and vehiculated,
incontinent, phantomized and phased, jaundiced, post-determined
and post-digital, deregulated, mellifluent, fast forwarded, battery
operated, synoptic and phatic and tonsilitic, glottal and colossal,
salivaphile and expectorant, lecherous, reverberated, remote
controlled, transistorized, modulated, and masticated.
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Terry
Piercey - duet for eastern standard time
"L'installation duet for eastern standard time est une oeuvre
en directe qui propose au public une série de concerts
musicaux, à raison d'un par heure, débutant à
l'heure pile et d'une durée approximative de cinq secondes.
" T. P.
Terry Piercey est originaire de Sackville, Nouveau-Brunswick
et est installé depuis peu à Vancouver.
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Terry Piercey - duet for eastern
standard time
This piece does not involve the use of any pre-recorded tapes.
Each musical performance is live. The duration of each duet is
approximately 5 seconds. A new duet is performed every hour on
the hour exactly (plus or minus 5 seconds).
Terry Piercey is an artist from Sackville, New Brunswick now
living in Vancouver.
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| duet for eastern standard time |


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Terry
Piercey |
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En janvier de cette année
j'ai eu un accident. Je n'étais pas gravement blessé,
mais on me confina à une position statique au lit. Mon
amie Judy Nylon m'a rendu visite et m'a apporté un disque
de musique de harpe du XVIIIe siècle. Après qu'elle
soit partie, j'ai mis le disque, tâche assez difficile
vu ma condition. Après m'être recouché, je
me suis rendu compte que l'amplificateur était réglé
à un niveau très bas et qu'il n'y avait qu'un des
deux canaux qui marchait. Je n'avais pas l'énergie nécessaire
pour sortir du lit une deuxième fois: le disque continua
donc de jouer de façon presque inaudible. C'est ainsi
que j'ai découvert une façon tout à fait
nouvelle pour moi d'écouter la musique, c'est-à-dire
comme partie intégrante de l'ambiance de la pièce,
tout comme la teinte de la lumière ou le son de la pluie.
Voilà pourquoi je recommande que cette pièce soit
écoutée à un niveau relativement faible,
même si cela implique qu'elle tombe souvent en-deça
du seuil de l'audition.
Brian Eno
DISCREET MUSIC, notes de pochette
Obscure Records, 1975
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In January this year I had an accident.
I was not seriously hurt, but I was confined to bed in a stiff
and static position. My friend Judy Nylon visited me and brought
me a record of 18th century harp music. After she had gone, and
with some considerable difficulty, I put on the record. Having
laid down, I realised that the amplifier was set at an extremely
low level, and that one channel of the stereo had failed completely.
Since I hadn't the energy to get up and improve matters, the
record played on almost inaudibly. This presented what was for
me a new way of hearing music as part of the ambience of the
environment just as the colour of the light and the sound of
the rain were parts of that ambience.
It is for this reason that I suggest
listening to the piece at comparatively low levels, even to the
extent that it frequently falls below the threshold of audibility.
Brian Eno
From the liner notes for DISCREET MUSIC
Obscure Records, 1975
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Claude
Schryer et Jeannine Schryer - sensations d'arbre
"Les questions de responsabilité et d'interprétation
artistique de l'environnement nous préoccupent depuis
plusieurs années et ont motivé la création
d'une installation qui traite de la nature évocatrice
des arbres de la région de North Bay, en Ontario. Notre
démarche est ainsi née de l'observation, de l'analyse
et de la contemplation des arbres dans des perspectives diverses
- écologique, spirituelle, allégorique, esthétique,
etc. - et en est venue à établir des portraits
au caractère à la fois sonore et visuel. sensations
d'arbres juxtapose des éléments visuels fixes à
des paysages sonores électroacoustiques mouvants, et vise
à créer un espace dans lequel le public peut méditer
sur la nature des arbres. " C. S. et J. S.
Les compositions électroacoustiques de Claude Schryer
explorent les aspects spirituels, musicaux et interdisciplinaires
de l'écologie sonore. Ses activités professionnelles
sont principalement dans les domaines de l'électroacoustique,
la production interdisciplinaire, l'écologie sonore et
les arts médiatiques.
Née à Ottawa en 1934, Jeannine Schryer demeure
à Callander (Ontario), où elle est active comme
artiste depuis de nombreuses années. Au coeur de son oeuvre
se retrouve la constante préoccupation de la conservation
de l'environnement alliée à une interprétation
artistique de la région nord-ontarienne. Ses oeuvres font
appel à diverses techniques, dont le collage et l'estampe,
ainsi qu'une variété de matériaux tels les
peintures acrylique, à l'huile et en bombone, les fibres
textiles, des objets trouvés et différents métaux.
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Claude Schryer, Jeannine Schryer
- sensations d'arbre
The questions of the responsibility and artistic interpretation
of our environment have haunted us for years and have incited
us to create an installation with and about the evocative nature
of trees based on our home environment in North Bay, Ontario.
Our creative process has involved observing, analysing and contemplating
trees from various perspectives (ecological, spiritual, allegorical,
aesthetic, etc.) and creating combined sonic and visual tree
portraits.
Sensations d'arbre was conceived as a simple painting/ electroacoustic
installation which allows the audience time and space in which
to meditate and contemplate the nature of trees from the dual
perspective of fixed visual elements and shifting electroacoustic
soundscapes.
Claude Schryer's electroacoustic and environmental compositions
focus on spiritual, musical and interdisciplinary aspects of
acoustic ecology. His professional activities are principally
in the fields of electroacoustics, interdisciplinary production,
acoustic ecology, and the media arts.
Born in Ottawa in 1934, Jeannine Schryer lives in Callander,
Ontario and has been active as an artist for many years. The
responsibility for and artistic interpretation of the Northern
Ontario natural environment is at the heart of her work. She
creates visual art using a variety of materials and media, including
collaged fabrics, found objects, metals, spray paint, printmaking,
acrylics and oil paint.
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Carl Stewart
- Promise
"Pour certains hommes gais, les lignes de rencontre téléphoniques
représentent une alternative aux bars. Pour d'autres hommes,
ce sont les films pornographiques gais. Ces deux approches se
fondent sur la promesse et l'espérance que les gars ressembleront
aux descriptions physiques fournies sur les lignes de rencontre,
et que la relation sexuelle correspondra à celle vue dans
les films. Promise: Hi guys et Score , traitent de ces deux éléments.
Hi guys rappelle la salutation informelle habituelle qu'on retrouve
au début de la plupart des messages sur les lignes de
rencontre, alors que Score signifie à la fois la bande
sonore d'un film et le fait de trouver un partenaire sexuel.
" C. S.
Carl Stewart, tisserand et cinéaste, vit et travaille
à Ottawa.
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Carl Stewart - Promise
For some gay men telephone voice personal ads are an alternative
to trying to meet people in bars. For some gay men gay porn films
are an alternative to sex. Both rely on promise and expectation;
the promise that the men will actually look like how they have
described themselves in the personal ad and the expectation that
sex in real life will be as it is depicted on film.
These two elements come together in Promise: Hi guys and
Score. Hi guys refers to the greeting at the beginining
of most of the personal ads. Score is a double entendre:
to score or write the musical score for the film and to score
or find a partner for sex.
Carl Stewart is a weaver and filmmaker living and working in
Ottawa.
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Sandra
Szasz - Belief
"Belief explore ma réalité intérieure:
mes émotions les plus intimes, mes convictions les plus
profondes. Pourquoi une oeuvre sonore? Parce que mes écrits
sont d'abord des pensées, des sons dans mon esprit, et
que même après les avoir fixés sur le papier,
j'éprouvais un sentiment d'insatisfaction. Belief représente
le son de mes pensées. Mes émotions sont exprimées
à travers les modulations de ma voix.
Sandra Szasz a fait des études en arts plastiques et en
estampe à São Paulo (Brésil) et à
Montréal.
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Sandra Szasz - Belief
Belief explores the interior, private thoughts, the most
inner feelings and convictions in the pursuit of self-acknowledgement.
Why a sound piece? My writings, before being so, were thoughts,
sounds in my mind. I then fixed them on paper but this was still
not enough. The sound of my thoughts is what Belief represents.
My feelings are expressed by the modulations of my voice.
Sandra Szasz pursued studies in fine arts and printmaking at
São Paolo, Brasil and Montréal, Québec.
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| Belief |


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Sandra
Szasz |
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Emmanuel Madan, commissaire invité
Emmanuel Madan est compositeur de musique électroacoustique
et concepteur d'art sonore. Après avoir travaillé
quelques années dans le milieu de la radio communautaire,
il collabore maintenant avec des poètes, des cinéastes,
des vidéastes, des architectes, des informaticiens et
artistes multimédia dans le cadre de différents
projets artistiques. Il est actuellement impliqué dans
la production d'une oeuvre pour un ensemble d'imprimantes matricielles.
En 1996, la Galerie 101 l'invitait à agir comme commissaire
d'une exposition d'art sonore. Incredibly Soft Sounds en est
le résultat.
Emmanuel Madan remercie sincèrement
Tim Dallett suburban@cyberus.ca pour son aide à la conception et l'installation
du projet, ainsi que Chantale Laplante, Sylvain Mathieu
et François Dion pour leur travail de traduction
et de correction du texte français.
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Emmanuel Madan - curator, Incredibly
Soft Sounds
Emmanuel Madan is a sound artist and electroacoustic composer
living in Montréal. After several years in community radio,
he went on to pursue projects in video production, performance,
and multimedia, as well as writing music for film and video.
He is currently collaborating on a composition project for an
ensemble of dot matrix printers.
Incredibly Soft Sounds was the result of the Gallery 101's
invitation to Emmanuel Madan in 1996 to curate a sound art project
at the Gallery.
Special thanks to Tim Dallett suburban@cyberus.ca for
his invaluable help with Incredibly Soft Sounds.
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