Incredibly Soft Sounds

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Incredibly Soft Sounds  est un projet de commissaire qui a été accueilli du 8 janvier au 7 février 1998 à la Galerie 101, un centre d'artistes autogéré à Ottawa (Canada). Présenté sous la forme d'une exposition de groupe, l'événement a réuni, à partir d'un appel de projets, 12 artistes oeuvrant dans le domaine de l'installation audio.

Le thème suggéré par Incredibly Soft Sounds, qui se traduit simplement par des sons extrêmement doux, invitait les artistes à explorer un art sonore à la limite de l'audible, en référence à des notions aussi diverses que le lointain, le minuscule, le privé et le secret, l'intime et le fragile.

C'est par opposition à des modes de vie qui incitent à une écoute superficielle, où la musique sert de fond sonore aux activités les plus diverses, que l'exposition Incredibly Soft Sounds a pu susciter la curiosité du public et l'emmener à porter attention à des environnements sonores habituellement ignorés.

Les artistes ont répondu à l'appel de projets de différentes façons, ce qui souleva des interprétations du thème de l'exposition en évoquant des espaces tantôt lointains, tantôt intimes, voire situés à l'intérieur même du corps. Brandon Labelle, avec l'oeuvre aroseisaroseisarose , rêve au son qu'aurait sa voix si l'on pouvait l'entendre de l'intérieur de la bouche plutôt que de l'extérieur: le résultat est une voix dont les attributs mettent l'emphase davantage sur le tactile et le viscéral que sur le linguistique. Les sons exposés par Christof Migone (Crackers) et Terence Dick (Ear to ear to hear) , de par leur situation à l'intérieur du corps de l'auditeur, explorent l'intimité à travers l'expérience somatique. Dans les sensations de cet ordre-ci, la distinction entre l'ouïe et le toucher disparaît. Encore plus profondément à l'intérieur du corps, Belief de Sandra Szasz questionne la double nature de la pensée - silencieuse, mais néanmoins un phénomène essentiellement vocal.

Ce souci du corps prend une autre forme sous la main de Carl Stewart, dont Promise démontre l'effet de technologies et pratiques nouvelles dans le domaine de la sexualité, notamment la remise en question des distinctions entre ses aspects privé et public.

Parmi les artistes qui ont choisi de représenter des espaces extérieurs, bon nombre s'en tiennent à l'environnement immédiat. Chez Ian Cauthery et Noreen Battaglia, l'environnement immédiat, c'est l'espace domestique. Remaking Stitches de Battaglia suscite un mélange de sentiments contradictoires, tandis que la contemplation de Cauthery sur l'eau et l'air (Domestic Elements) conserve une économie de moyens pour en arriver à un résultat expressioniste et évocatif. Le commentaire sur l'immédiat que fait Terry Piercey (Duet for Eastern Standard Time) se sert de la recontextualisation d'un cliché acoustique.

Les autres artistes de l'exposition - Claude et Jeannine Schryer, Michael Drew Campbell, et Eric la Casa, ont introduit dans l'espace d'exposition des rassemblements de paysages sonores qui sont normalement lointains autant les uns des autres que de l'environnement qui les reçoit. Pour Campbell (pause) , c'est l'insertion d'un souvenir lointain dans un espace intime, par exemple une sacoche ou une valise. Sensations d'arbre , de Claude Schryer et Jeannine Schryer, est une méditation sur les arbres formée de la juxtaposition variée et mouvante de paysages sonores intimes et fragiles qui évoquent le lointain tout en conservant les détails les plus infimes. C'est une autre vision de la distance et de la mémoire que nous propose Eric la Casa avec Clepsydre , un dialogue entre deux sons, un qui est présent, précis et éphémère, et un autre formé de réminiscences résonantes venues d'ailleurs.

En parallèle à cet événement, la galerie a proposé deux concerts de musique extrêmement douce: Minimum volume 1 le 16 janvier et Minimum volume 2 le 30 janvier.
Incredibly Soft Sounds  was a curatorial project at Gallery 101, an artist-run centre in Ottawa, Canada. It took the form of a group exhibition of audio art projects solicited from an open call for submissions. The theme of "incredibly soft sounds" suggests audio art and music exploring the barely audible, the very small, the minute detail, the distant, the private, the personal, the fragile, the secret, the interior. The project was proposed as a means to offer visitors the opportunity to listen more closely to otherwise ignored elements of the sound environment. "Listening" in our culture is constructed primarily as an accompaniment to other activities: one might turn on the radio to cook, clean house, do the dishes; one may play a tape while driving to work; a CD might accompany the reading of a book. Incredibly Soft Sounds  presented sound environments that are so quiet as to necessitate that the listener stop everything else they are doing in order to hear anything at all. The gallery space was an ideal venue for the project in that it offered a controlled listening environment and an accessible exhibition space.

Artists responded to the call for works in a number of different ways, interpreting the theme of the show by creating spaces which were either very distant, very intimate, or situated within the body itself. Brandon Labelle's aroseisaroseisarose  muses on what the sound of his voice might sound like if heard from the inside rather than the outside: the result is a voice whose characteristics emphasize the tactile and visceral rather than the linguistic. Works such as Cracker   by Christof Migone and Ear to ear to hear  by Terence Dick also expose sounds that are rarely shared because they occur within the listener's own body, and are thus private and interior. Hearing and feeling are inseparable in sensations such as these. Still deeper within the body, Sandra Szasz's Belief  explores the double nature of thought as a silent, but nevertheless essentially aural experience.

The preoccupation with the body is taken up from a different angle by Carl Stewart, whose Promise  demonstrates that the distinction between private and public is blurred by technologies and practices which mediate, re-interpret, and re-define sexual relations.

Many of the exterior spaces portrayed in Incredibly Soft Sounds explore the artist's immediate sound space. For Ian Cauthery and Noreen Battaglia, this is the domestic space. Battaglia's Remaking Stitches  is highly suggestive of an emotional ambivalence, while Cauthery's contemplation on the elements of water and air (Domestic Elements)  uses a sparsity of means to yield an expressionistic and evocative result. Terry Piercey's expression of immediacy is achieved through the recontextualisation of an acoustic cliché in Duet for Eastern Standard Time.

For Claude and Jeannine Schryer, Michael Drew Campbell, and Eric la Casa, the exhibition is about populating the gallery space with a selection of soundscapes which were originally distant from each other, as well as from the listening environment which receives them. Thus, into this intimate listening environment, which for Campbell could be the listener's back pocket or handbag, is introduced a faint reminder from far away (pause). Claude Schryer's meditation on trees is a prolific and constantly shifting juxtaposition of fragile, intimate spaces which, like Jeannine Schryer's accompanying paintings, evoke the distant while preserving the minutely detailed in sensations d'arbre . Eric la Casa explores distance and memory as well in Clepsydre , a dialogue between a precise and fleeting sound from here and now and the distant and ambient echoes of sounds from elsewhere.

In addition to the installation which ran from January 8 until February 7 1998, the Gallery presented two concerts in conjunction with this event: Minimum volume 1  on January 16, and Minimum volume 2  on January 30.


C'était après mon arrivée à Boston que je suis entré dans la chambre anéchoique de l'Université Harvard. Tout le monde qui me connait a entendu cette histoire; je n'arrête pas de la raconter. De toute façon, dans cette chambre supposément silencieuse j'ai entendu deux sons: l'un très aigu, l'autre très grave. Plus tard, j'ai trouvé l'ingénieur en charge pour lui demander pourquoi, si la chambre était si silencieuse, j'avais entendu ces deux sons. Il m'a demandé de les décrire, ce que j'ai fait. Il m'a expliqué que le son aigu était mon système nerveux en opération, et que le son grave était mon sang en circulation.

John Cage
de Indeterminacy,  1959

It was after I got to Boston that I went into the anechoic chamber at Harvard University. Anybody who knows me knows this story; I am constantly telling it. Anyway, in that silent room I heard two sounds: one high, and one low. Afterward I asked the engineer in charge why, if the room was so silent, I had heard two sounds. He said, describe them. I did. He said, the high one was your nervous system in operation. The low one was your blood in circulation.

John Cage
from Indeterminacy, 1959


Noreen Battaglia - Remaking Stitches

"Lorsque la journée est terminée et que toutes les obligations sont enfin derrière soi, le silence apparaît alors comme le son le plus étonnant. Mais même dans cette ambiance tranquille, corps et esprit continuent de frémir imperceptiblement pendant un certain temps, pour enfin trouver le repos. La pièce Remaking Stitches médite sur l'espace et le mélange des émotions issus d'une situation aigre-douce et claustrophobe. " N.B.

Noreen Battaglia est diplômée du Nova Scotia College of Art and Design depuis 1992. Artiste multimédia dont la démarche met l'accent sur la place des femmes dans l'espace domestique, Battaglia privilégie un travail avec les fibres textiles. Elle a produit des oeuvres sonores pour radio, vidéo informatique, installation multimédia et dessin animé. Durant l'été 1996 à Halifax, elle agissait à titre de commissaire pour l'exposition On my way home I was thinking, women employed by children .


Noreen Battaglia - Remaking Stitches

When the day is done and everything is safely put to rest, the most amazing sound is absolute silence. But even in that stillness the mind and body continue restlessly for awhile until all the internal bits settle. This piece is a meditation about space and the emotive combination of a bittersweet and claustrophobic situation.

Noreen Battaglia is a multimedia artist with an affinity for textiles. Graduated from the Nova Scotia College of Art and Design in 1992. Produced sound pieces for radio, computer video, mixed media installation and film animation. Acknowledging women's position as individuals within the domestic space is an important element in her work. In the summer of 1996, in Halifax, she curated On my way home I was thinking, women employed by children.

Remaking Stitches


Noreen Battaglia


m.d. campbell - pause

"Cette oeuvre explore les notions de technologie et de refuge. En appuyant sur la touche "play ", on déclenche les sons enregistrés sur trois calepins numériques qui, tels des oeuvres portatives et personnelles, peuvent être écoutés au moment de son choix. " m.d. c.

Les installations de m.d. campbell sont d'inspiration utopique et traitent d'environnements urbains et naturels. Son travail, qui mélange sons et images bi et tridimensionnelles, s'inspire d'espaces de banlieue tels que des parcs de loisirs et piscines.


m.d. campbell - pause

Technology and sanctuary are explored in this audio piece.

Pressing "play" reveals the recordings which are stored on these three memo pads.

I see these works as portable and personal. They can be pulled out and placed to the ear at stressful or private moments, at a coffee break, on the street, in elevators, bank machine lines.

Mike Campbell works with utopian-inspired installations that deal with urban and natural environments. He has assembled exhibits that mix 2'D and 3'D images with sound that reference recreational sites, such as suburban parkettes and indoor wave pools.

pause


m.d. campbell


Ian Cauthery - Domestic Elements

"Depuis que je me suis joint au nombre croissant de travailleurs autonomes ayant un bureau à domicile, j'ai progressivement pris conscience du potentiel artistique de l'espace domestique. Alors que mon travail antérieur représentait des éléments domestiques par le biais du dessin et du texte, le temps passé à la maison m'a amené à être beaucoup plus attentif à la réalité sonore de cet environnement. Avec l'oeuvre Domestic Elements j'espère impliquer le public dans un processus de réévaluation esthétique du son et de l'espace domestique, basé sur la valeur symbolique du paysage sonore de nos domiciles. " I. C.

Après un séjour de deux ans en Nouvelle-Écosse, Ian Cauthery est revenu vivre en Ontario, sa province d'origine. Diplômé en dessin et en estampe de l'Université de Guelph, il termine présentement un doctorat en infographie au Collège Sheridan à Oakville.


Ian Cauthery - Domestic Elements

Being one of the many workers who now primarily operate out of a home office, I have been slowly becoming aware of the artistic potential of the domestic space. My previous work has involved drawn and textual representations of the elements. The time I have spent at home has alowed me to really listen to my surroundings. The piece will, I hope, stimulate visitors to rethink sound and the domestic space and realize that our homes are fraught with aural metaphors.

Originally from Ontario, Ian Cauthery recently returned from two years in Nova Scotia. He graduated from the University of Guelph in drawing and print-making, and is currently pursuing a post-graduate computer graphics course at Sheridan College in Oakville.

Domestic Elements


Ian Cauthery


Terence Dick - Ear to ear to hear

"Alors que je préparais mon dossier pour l'appel de projets de Incredibly Soft Sounds , j'ai réalisé ma propre difficulté à entendre les sons incroyablement doux, due au bruit des acouphènes qui occupe déjà mon silence. Après de trop nombreuses soirées passées tout à côté des haut-parleurs crachant à plein volume, je dois maintenant vivre avec la constante présence d'un léger tintement dans mon oreille. Bien qu'issu de l'intérieur même de mon oreille, ce son persistant qui n'a ni source ni direction, peut tout de même être affecté par des causes externes telless que les bruits forts, la fatigue, la consommation d'alcool ou de caféine. Je me demande parfois si le tintement est réel ou s'il n'est que le fruit de mon imagination, ou encore le vestige d'un souvenir. Ce son me rappelle d'ailleurs toute la musique déjà écoutée et m'alerte de la possibilité de ne plus pouvoir entendre. Ear to ear to hear tente d'amener l'auditeur dans le monde sonore de l'artiste. " T. D.

Terence Dick a passé une grande partie de sa jeunesse à écouter de la musique. C'est en 1995 qu'il se décide à en faire et forme le duo de DJ "the rust brothers ", qui se consacre à l'improvisation expérimentale. Le duo anime aussi une émission hebdomadaire à la radio communautaire CIUT à Toronto et travaille en collaboration avec des musiciens de free jazz, hiphop et punk hardcore ainsi qu'avec des poètes. Il a signé plusieurs cassettes et un CD à tirage limité.


Terence Dick - Ear to ear to hear

In considering what would be an appropriate submission for Incredibly Soft Sounds, I soon realized that any such piece would be frustrated by the constant buzz that already fills my silence. Too many years of standing too close to extremely loud speakers has left me with tinnitus. When all is quiet, I hear a faint ringing tone in my ear. The sound is persistent yet sourceless and unlocatable. It is generated within my ear yet aggravated by outside causes (loud noise, caffeine, alcohol, exhaustion). I sometimes question whether it is there at all or whether I am merely imagining it or remembering it. It is a reminder of all the music I have heard and a warning about the possibility of not hearing any more.

Ear to ear to hear is an attempt to bring the listener into the artist's sound world.

Terence Dick spent most of his youth listening to music rather than making it. In 1995, he began performing as one half of the rust brothers, an experimental and improvisatory DJ team. They do a weekly show on CIUT in Toronto and collaborate with musicians in such varied fields as free jazz, hiphop, hardcore punk and spoken word. They have released many cassettes and one limited edition CD.

Ear to ear to hear


Terence Dick


Que l'on veuille ou pas, les sons (qu'on appelle silence seulement parce qu'ils ne font pas partie d'une intention musicale) continueront d'exister. Le monde en regorge, au point de ne jamais s'en libérer. De toute évidence, les sons seront là tant qu'il y aura des oreilles pour entendre.

Biba Kopf, citant John Cage


Sounds (which are called silence only because they do not form part of a musical intention) may be depended upon to exist. The world teems with them, and is, in fact, at no point free of them. There are, demonstrably, sounds to be heard and forever, given ears to hear.

Biba Kopf quoting John Cage


Brandon Labelle - aroseisaroseisarose

"Pour réaliser cet enregistrement, j'ai placé un petit microphone à l'intérieur de ma bouche et répété la phrase "a rose is a rose is a rose" pendant environ cinq minutes, ou jusqu'à ce que la phrase ne soit plus qu'un rythme murmuré. Dans la pièce aroseisaroseisarose j'ai mis l'accent sur le langage en tant que son et les mots en tant que porteurs de désir, vaisseaux sonores qui tentent d'exprimer plus que ce dont il sont capables. La pièce vise à mettre le spectateur / auditeur en relation avec la résonance phonique des mots plutôt que leur acception lexicale, la signification de la phrase cédant ici la place à une compréhension purement sonore. La phrase "a rose is a rose is a rose", de l'auteure Gertrude Stein, cherche à dépasser la métaphore et à montrer le langage comme matière première sans référence extralinguistique. La phrase, écrite par Stein au-dessus du lit qu'elle partageait avec Alice B. Toklas, offre aussi une interprétation romantique, la rose étant le symbole poétique par excellence de l'amour. Pour Stein, a rose is a rose is a rose réécrit l'allégorie et l'expérience romantiques, recouvrant ainsi la rose de la métaphore, et exprimant par là quelque chose d'intime qui laisse résonner l'intérieur même de son corps. " B. L.

Brandon Labelle est artiste, écrivain et musicien établit à Los Angeles. Son plus récent travail met l'accent sur des installations sonores qui visent à utiliser le lieu physique de l'exposition comme un instrument de musique. Il est aussi batteur dans les groupes "Farflung" et "Purse", et pour le projet sonore "id battery".


Brandon Labelle - aroseisaroseisarose

To make this recording I placed a small microphone inside my mouth and said the phrase "a rose is a rose is a rose..." for roughly five minutes. During this process it became increasingly difficult to articulate the words until by the end all I could do was hum the rhythm of the phrase.

For this piece, I am interested in emphasizing language as sound and words as carriers of desire, as tonal vessels which attempt to convey more than they can. I want the viewer/listener to be brought into a relationship with words whereby meaning shifts from a lexiconic signification to a phonic resonance - the meaning of the phrase breaks down to a purely tonal understanding. The phrase "a rose is a rose is a rose..." was originally written by Gertrude Stein in an attempt to speak outside of metaphor, to emphasize the materiality of language without it referring to things outside of itself. There is also a hidden romanticism in the phrase (she wrote it in a circle above her and Alice's bed) the rose being the quintessential poetic image of love. For Gertrude "a rose is a rose is a rose..." rewrites romantic imagery, as well as romantic experience, by recovering the rose from metaphor. And through this recovery, to say something intimate to allow the interior of one's own being to resonate.

Brandon Labelle is an artist, writer and musician living in Los Angeles. His visual work over the past year has focused primarily on sound installation and aims to utilize the gallery space as an instrument. He also plays drums for the bands Farflung and Purse, as well as a sound project called id battery.

aroseisaroseisarose


Brandon Labelle


Eric La Casa - Clepsydre

"Ce projet, comme toutes mes autres oeuvres, s'inscrit dans une recherche sur la Réalité. Clepsydre privilégie la question du Temps et des temps en cherchant à insuffler l'Ailleurs de l'eau et du vent dans le partout et l'anodin. L'installation juxtapose aux compteurs électriques, à leur métrique stricte liée à la modernité et au travail, des rythmes ancestraux issus de la nature. Ainsi, tout en développant la réalité vibratoire de ces deux temps, le dispositif insiste sur la dimension essentielle de l'être humain et de la vie: l'éphémère.

Eric La Casa est compositeur (électroacoustique), plasticien sonore (installation), et producteur radiophonique (ACR-France Culture). De 1989 à 1998, il a été directeur de l'étiquette "La légende des voix" (musique expérimentale), et est présentement journaliste à la revue "Revue et Corrigée" (musiques d'aujourd'hui).


Eric La Casa - Clepsydre

Clepsydre, like my other works, is an investigation into reality. Notions of time and meter are important in this piece, which seeks to insufflate the distant into the immediate and the mundane. The installation juxtaposes the clockwork sound of electricity meters and their connotations of modern life and work, with ancient rhythms defined by natural processes. Through the vibrations of these two contrasting rhythms, the work stresses the essential dimension of humanity and of life: the ephemeral.

Eric La Casa is a composer (electroacoustics), sound plastician (installation), and radio producer (ACR-France Culture). From 1989-98, he was the director of the experimental Paris-based record label La Légende des Voix. He is also a journalist for the new music publication Revue et Corrigée.

Clepsydre


Eric La Casa


Christof Migone - Crackers

"Faites-vous craquer vos doigts? votre cou? vos genoux? vos coudes? vos chevilles? vos hanches? vos... Un craquement de jointure a lieu là où les os articulent une tension. Les Crackers sont des gens qui, de manière compulsive, désirent se défaire de ces tensions. Le son du craquement suscite chez certains, la grimace, chez d'autres, une sensation de soulagement. Quoi qu'il en soit, le craquement indique une cassure, un événement corporel imprévu, un ostéo-montage, une cassure cassée. Je remercie Tim Dallett et tous les Crackers : Justine Akman, Tony Daye, Marguerite Dehler, Sarah Dobbin, Vera Greenwood, Germaine Koh, Louise Levergneux, Michael Sutton. Les enregistrements pour Crackers ont été effectués dans le cadre d'une résidence à la Galerie 101 au mois d'octobre 1997. La bande sonore a été réalisée aux studios AVATAR à Québec, et le vidéo a été produit dans le studio de l'artiste.

Christof Migone a un corps radiophonique, presque invisible. Il chante faux et murmure ses obsessions en performances intimes et travaux durs d'oreille. Il aspire des micros. Il se compacte en disque. Il se débrouille les pistes. Il prend des photos invisibles. Il s'inonde dans des sceaux d'eau et de miel. Il se bruite dans des solitudes, des duos, des trios, des quatuors, des exponentiels télématiques. Il est un Avatar de Québec. Il se craque tout et le plus possible. Il est en maîtrise d'une maîtrise. Le savon dans la bouche. N'empêche que ses mots favoris restent imbattables : "torticolis et coquelicots." C. M.


Christof Migone - Crackers

Do you crack your fingers? your neck? your back? your knees? your elbows? your ankles? your hips? your...? A cracking joint is the locale where bones articulate a tension. Crackers are compulsive about the release of that tension. As the sound of the cracks echo, some wince, others feel relief. In all instances, a crack is when and where something breaks, a crack is a body nonsequitur, a cracker is a bone edit, a cracker is a broken break.

Thanks to Tim Dallett and to all the Crackers: Justine Akman, Tony Daye, Marguerite Dehler, Sarah Dobbin, Vera Greenwood, Germaine Koh, Louise Levergneux, Micheal Sutton. The Cracker recordings were done as part of a residency at Gallery 101 which took place in October 1997. The audio material was produced at AVATAR in Québec City and the video was done at home.

Christof Migone has a radio body, almost invisible. Migone heads the Centre for Radiotelecommunication Contortions (CRTC) where he hems, hums & haws with abandon. His research for the CRTC primarily focuses on voices; voices which are radiated, electrocuted, fondled, vexed, whispered, transpired, articulated and vehiculated, incontinent, phantomized and phased, jaundiced, post-determined and post-digital, deregulated, mellifluent, fast forwarded, battery operated, synoptic and phatic and tonsilitic, glottal and colossal, salivaphile and expectorant, lecherous, reverberated, remote controlled, transistorized, modulated, and masticated.

Crackers


Christof Migone


Terry Piercey - duet for eastern standard time

"L'installation duet for eastern standard time est une oeuvre en directe qui propose au public une série de concerts musicaux, à raison d'un par heure, débutant à l'heure pile et d'une durée approximative de cinq secondes. " T. P.

Terry Piercey est originaire de Sackville, Nouveau-Brunswick et est installé depuis peu à Vancouver.


Terry Piercey - duet for eastern standard time

This piece does not involve the use of any pre-recorded tapes. Each musical performance is live. The duration of each duet is approximately 5 seconds. A new duet is performed every hour on the hour exactly (plus or minus 5 seconds).

Terry Piercey is an artist from Sackville, New Brunswick now living in Vancouver.

duet for eastern standard time


Terry Piercey


En janvier de cette année j'ai eu un accident. Je n'étais pas gravement blessé, mais on me confina à une position statique au lit. Mon amie Judy Nylon m'a rendu visite et m'a apporté un disque de musique de harpe du XVIIIe siècle. Après qu'elle soit partie, j'ai mis le disque, tâche assez difficile vu ma condition. Après m'être recouché, je me suis rendu compte que l'amplificateur était réglé à un niveau très bas et qu'il n'y avait qu'un des deux canaux qui marchait. Je n'avais pas l'énergie nécessaire pour sortir du lit une deuxième fois: le disque continua donc de jouer de façon presque inaudible. C'est ainsi que j'ai découvert une façon tout à fait nouvelle pour moi d'écouter la musique, c'est-à-dire comme partie intégrante de l'ambiance de la pièce, tout comme la teinte de la lumière ou le son de la pluie.

Voilà pourquoi je recommande que cette pièce soit écoutée à un niveau relativement faible, même si cela implique qu'elle tombe souvent en-deça du seuil de l'audition.

Brian Eno
DISCREET MUSIC, notes de pochette
Obscure Records, 1975


In January this year I had an accident. I was not seriously hurt, but I was confined to bed in a stiff and static position. My friend Judy Nylon visited me and brought me a record of 18th century harp music. After she had gone, and with some considerable difficulty, I put on the record. Having laid down, I realised that the amplifier was set at an extremely low level, and that one channel of the stereo had failed completely. Since I hadn't the energy to get up and improve matters, the record played on almost inaudibly. This presented what was for me a new way of hearing music as part of the ambience of the environment just as the colour of the light and the sound of the rain were parts of that ambience.

It is for this reason that I suggest listening to the piece at comparatively low levels, even to the extent that it frequently falls below the threshold of audibility.

Brian Eno
From the liner notes for DISCREET MUSIC
Obscure Records, 1975


Claude Schryer et Jeannine Schryer - sensations d'arbre

"Les questions de responsabilité et d'interprétation artistique de l'environnement nous préoccupent depuis plusieurs années et ont motivé la création d'une installation qui traite de la nature évocatrice des arbres de la région de North Bay, en Ontario. Notre démarche est ainsi née de l'observation, de l'analyse et de la contemplation des arbres dans des perspectives diverses - écologique, spirituelle, allégorique, esthétique, etc. - et en est venue à établir des portraits au caractère à la fois sonore et visuel. sensations d'arbres juxtapose des éléments visuels fixes à des paysages sonores électroacoustiques mouvants, et vise à créer un espace dans lequel le public peut méditer sur la nature des arbres. " C. S. et J. S.

Les compositions électroacoustiques de Claude Schryer explorent les aspects spirituels, musicaux et interdisciplinaires de l'écologie sonore. Ses activités professionnelles sont principalement dans les domaines de l'électroacoustique, la production interdisciplinaire, l'écologie sonore et les arts médiatiques.

Née à Ottawa en 1934, Jeannine Schryer demeure à Callander (Ontario), où elle est active comme artiste depuis de nombreuses années. Au coeur de son oeuvre se retrouve la constante préoccupation de la conservation de l'environnement alliée à une interprétation artistique de la région nord-ontarienne. Ses oeuvres font appel à diverses techniques, dont le collage et l'estampe, ainsi qu'une variété de matériaux tels les peintures acrylique, à l'huile et en bombone, les fibres textiles, des objets trouvés et différents métaux.


Claude Schryer, Jeannine Schryer - sensations d'arbre

The questions of the responsibility and artistic interpretation of our environment have haunted us for years and have incited us to create an installation with and about the evocative nature of trees based on our home environment in North Bay, Ontario.

Our creative process has involved observing, analysing and contemplating trees from various perspectives (ecological, spiritual, allegorical, aesthetic, etc.) and creating combined sonic and visual tree portraits.

Sensations d'arbre was conceived as a simple painting/ electroacoustic installation which allows the audience time and space in which to meditate and contemplate the nature of trees from the dual perspective of fixed visual elements and shifting electroacoustic soundscapes.

Claude Schryer's electroacoustic and environmental compositions focus on spiritual, musical and interdisciplinary aspects of acoustic ecology. His professional activities are principally in the fields of electroacoustics, interdisciplinary production, acoustic ecology, and the media arts.

Born in Ottawa in 1934, Jeannine Schryer lives in Callander, Ontario and has been active as an artist for many years. The responsibility for and artistic interpretation of the Northern Ontario natural environment is at the heart of her work. She creates visual art using a variety of materials and media, including collaged fabrics, found objects, metals, spray paint, printmaking, acrylics and oil paint.

sensations d'arbre


Claude Schryer, Jeannine Schryer


Carl Stewart - Promise

"Pour certains hommes gais, les lignes de rencontre téléphoniques représentent une alternative aux bars. Pour d'autres hommes, ce sont les films pornographiques gais. Ces deux approches se fondent sur la promesse et l'espérance que les gars ressembleront aux descriptions physiques fournies sur les lignes de rencontre, et que la relation sexuelle correspondra à celle vue dans les films. Promise: Hi guys et Score , traitent de ces deux éléments. Hi guys rappelle la salutation informelle habituelle qu'on retrouve au début de la plupart des messages sur les lignes de rencontre, alors que Score signifie à la fois la bande sonore d'un film et le fait de trouver un partenaire sexuel. " C. S.

Carl Stewart, tisserand et cinéaste, vit et travaille à Ottawa.


Carl Stewart - Promise

For some gay men telephone voice personal ads are an alternative to trying to meet people in bars. For some gay men gay porn films are an alternative to sex. Both rely on promise and expectation; the promise that the men will actually look like how they have described themselves in the personal ad and the expectation that sex in real life will be as it is depicted on film.

These two elements come together in Promise: Hi guys and Score. Hi guys refers to the greeting at the beginining of most of the personal ads. Score is a double entendre: to score or write the musical score for the film and to score or find a partner for sex.

Carl Stewart is a weaver and filmmaker living and working in Ottawa.

Promise


Carl Stewart


Sandra Szasz - Belief

"Belief explore ma réalité intérieure: mes émotions les plus intimes, mes convictions les plus profondes. Pourquoi une oeuvre sonore? Parce que mes écrits sont d'abord des pensées, des sons dans mon esprit, et que même après les avoir fixés sur le papier, j'éprouvais un sentiment d'insatisfaction. Belief représente le son de mes pensées. Mes émotions sont exprimées à travers les modulations de ma voix.

Sandra Szasz a fait des études en arts plastiques et en estampe à São Paulo (Brésil) et à Montréal.


Sandra Szasz - Belief

Belief explores the interior, private thoughts, the most inner feelings and convictions in the pursuit of self-acknowledgement. Why a sound piece? My writings, before being so, were thoughts, sounds in my mind. I then fixed them on paper but this was still not enough. The sound of my thoughts is what Belief represents. My feelings are expressed by the modulations of my voice.

Sandra Szasz pursued studies in fine arts and printmaking at São Paolo, Brasil and Montréal, Québec.

Belief


Sandra Szasz


Emmanuel Madan, commissaire invité

Emmanuel Madan est compositeur de musique électroacoustique et concepteur d'art sonore. Après avoir travaillé quelques années dans le milieu de la radio communautaire, il collabore maintenant avec des poètes, des cinéastes, des vidéastes, des architectes, des informaticiens et artistes multimédia dans le cadre de différents projets artistiques. Il est actuellement impliqué dans la production d'une oeuvre pour un ensemble d'imprimantes matricielles. En 1996, la Galerie 101 l'invitait à agir comme commissaire d'une exposition d'art sonore. Incredibly Soft Sounds en est le résultat.

Emmanuel Madan remercie sincèrement Tim Dallett suburban@cyberus.ca pour son aide à la conception et l'installation du projet, ainsi que Chantale Laplante, Sylvain Mathieu et François Dion pour leur travail de traduction et de correction du texte français.


Emmanuel Madan - curator, Incredibly Soft Sounds

Emmanuel Madan is a sound artist and electroacoustic composer living in Montréal. After several years in community radio, he went on to pursue projects in video production, performance, and multimedia, as well as writing music for film and video. He is currently collaborating on a composition project for an ensemble of dot matrix printers.

Incredibly Soft Sounds was the result of the Gallery 101's invitation to Emmanuel Madan in 1996 to curate a sound art project at the Gallery.

Special thanks to Tim Dallett
suburban@cyberus.ca  for his invaluable help with Incredibly Soft Sounds.

 




 

Conservateur/curator: Emmanuel Madan


Web editors: Yves Gigon & Jef Chippewa


Traduction/translation: Chantale Laplante, Sylvain Mathieu and
François Dion.


Les Artistes / The Artists:

Noreen Battaglia
cfatns@netcom.com

Mike Campbell
scrab@vianet.on.ca

Ian Cauthery
sara.angelucci@sympatico.ca

Terence Dick
sablefat@hotmail.com

Brandon Labelle
otic@earthlink.net

Eric la Casa
ascendre@free.fr

Christof Migone
cmigone@web.net

Claude Schryer
cschryer@cam.org

Jeannine Schryer
j.schryer@sympatico.ca

Carl Stewart
johnny2000@compuserve.com

 


gallery 101
http://www.gallery101.org


cec@sonus.ca

CEC — GM-500 — 1455, boulevard De Maisonneuve Ouest
Montréal QC
H3G 1M8 Canada

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